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  • Terra Nostra : 4e édition des Rencontres des jeunes francophones @IST

    Terra Nostra : 4e édition des Rencontres des jeunes francophones @IST

    Le 9 avril 2025, les élèves du Lycée français Pierre Loti ont, pour la quatrième fois, organisé une demi-journée de rencontres Terra Nostra dans la salle de l’Institut français d’Istanbul afin d’échanger sur certains Objectifs du développement durable. Grâce à ces échanges, les élèves de Pierre Loti et de sept écoles francophones d’Istanbul et d’Ankara ont pu partager leurs perspectives sur des enjeux actuels, favorisant ainsi leur esprit critique.

    Sous un doux soleil printanier, mercredi 9 avril a eu lieu la quatrième édition de Terra Nostra, un événement dédié aux rencontres et aux échanges qui interrogent notre quotidien, réunissant autour des élèves de Pierre Loti des lycéens issus d’écoles francophones de Turquie telles que Saint Joseph, Saint Benoît, Sainte Pulchérie, Notre-Dame de Sion, Galatasaray, Küçük Prens d’Istanbul et Charles De Gaulle d’Ankara. Qu’ils concernent l’environnement, l’économie, la santé ou même la société, les 8 prestations théâtralisées des orateurs sont parvenues à piquer la curiosité du public et de longs échanges ont suivi chaque présentation, rendant l’événement passionnant.

    La longue matinée de Terra Nostra 4 a débuté avec la cérémonie d’ouverture où se sont succédé les discours du président du Conseil de la vie lycéenne (CVL), de M. Mouette, chef d’établissement du Lycée français Pierre Loti d’Istanbul, et de M. Valentin Rodriguez, directeur délégué de l’Institut Français de Turquie à Istanbul.

    Les lycéennes et lycéens de Pierre Loti ont organisé deux sessions de rencontres sur 8 thématiques des Objectifs du développement durable de l’ONU traitant de sujets divers tous plus pertinents les uns que les autres en lien avec la thématique ”Pouvoir Agir”. En effet, cette année, les rencontres Terra Nostra étaient intégrées à la série d’évènements “La nuit des idées 2025” à Istanbul (Terra Nostra 4 + soirée Vernissage de l’exposition d’Arts plastiques et Récital poétique + concert du club musique) dont le thème est cette année ”Pouvoir Agir”, dans le cadre d’une coproduction de notre lycée avec l’Institut Français d’Istanbul.

    Une préparation sur plusieurs mois

    La préparation des orateurs engagés a commencé très tôt. Plusieurs mois à l’avance, ces lycéens ont été associés en binôme pour travailler ensemble. Ils ont effectué des recherches approfondies, les deux élèves de lycées différents s’associant pour écrire leur propre scénario, créer les décors et les costumes. Après avoir appris plusieurs pages de textes, ils ont travaillé de nombreuses heures sur la mise en scène avant de le répéter la veille du spectacle sur la scène de l’Institut français le mardi 8 avril, afin de pouvoir présenter leurs sujets de la manière la plus vivante et convaincante possible le jour J.

    Un public débattant

    Des sujets comme le développement durable, l’économie, la cohésion sociale et pleins d’autres ont été abordés par les orateurs. Après chaque présentation, ils ont eu l’occasion de débattre avec le public où une très grande majorité des élèves, bien qu’ils n’y soient pas obligés, ont participé en posant des questions, en apportant un point du vue ou partageant une expérience, ce qui a mené à des discussions intéressantes, suscitant de nombreuses réflexions.

    “Comment le sport peut-il aider à promouvoir la paix et rétablir la cohésion sociale ?”

    Par exemple, lors du temps de débat auquel j’ai participé en tant qu’oratrice sur la problématique “Comment le sport peut-il aider à promouvoir la paix et rétablir la cohésion sociale ?”, bien que de nombreux lycéens aient reconnu que le sport pouvait être un outil très utile pour rétablir la cohésion sociale et la paix, il a été affirmé plusieurs fois que le sport avait été, dans l’histoire, maintes fois utilisé pour accomplir des actes opposés à cette idée, comme l’allemagne nazie qui avait exploité les Jeux olympiques de 1936 à des fins de propagande. Ce thème a donc pu donner lieu à un long et intéressant débat où les élèves présents dans le public ont pu échanger en partageant toutes leurs opinions, tout en ouvrant une porte vers un axe complètement différent qui nous invite à réfléchir davantage.

    Cette année le public était très actif : après chaque présentation, les lycéens posaient des questions pertinentes et certaines étaient même polémiques, suscitant un intérêt de réflexion dans toute la salle. 

    Certaines présentations sont aussi allées au-delà du simple débat en nous incitant à intégrer dans nos quotidiens de nouvelles pratiques qui permettraient la mise en place d’une économie circulaire et résiliente, en nous parlant par exemple d’habitudes à prendre comme chercher à réparer les objets abîmés au lieu d’immédiatement s’en débarrasser. 

    En résumé, la quatrième édition de Terra Nostra a été une journée réussie qui a réuni les élèves des lycées français et francophones d’Istanbul et d’Ankara dans une atmosphère amicale, avec des présentations et des échanges très captivants. Elle a contribué à permettre des rencontres et des interactions enrichissantes entre les jeunes francophones de Turquie @Istanbul.


    Retrouvez cette journée de rencontres dans la vidéo de Terra Nostra 4 !

    Inès Smiri
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  • Rencontre avec Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France

    Rencontre avec Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France

    Olivia Richard est une figure de la politique française, élue sénatrice des Français établis hors de France depuis 2023. Avec une carrière de plus de 20 ans au Sénat, elle a récemment eu la gentillesse de parler aux élèves de Seconde et de Première de spécialité HGGSP des thèmes essentiels que sont le fonctionnement de la démocratie et l’engagement citoyen. Suite à cela, Crescendo a eu la chance de poursuivre l’échange avec elle et de l’interviewer… 

    Quel est votre parcours académique et professionnel ?

    Olivia Richard : Je suis juriste, spécialisée en droit public et constitutionnel. Depuis mes 24 ans, je travaille au Sénat, principalement pour les Français établis hors de France. Les Français de l’etranger votent très peu, et nous n’avons pas le droit de faire campagne. Comme ils ne participent pas, ils ne sont pas pris en compte, et cela crée une dynamique d’exclusion. C’est le cas avec les jeunes aussi aujourd’hui. 

    Que pensez-vous du vote obligatoire ? Est-ce une solution pour augmenter le nombre d’électeurs ?

    Il y a un vrai intérêt chez les jeunes comme chez les personnes âgées. Ils veulent s’exprimer, et parfois par d’autres droits, comme le droit de manifester et le droit d’association, qui sont très importants dans la vie publique. C’est caractéristique de la démocratie française. Le problème avant tout, c’est l’éducation. On essaie toujours d’enseigner l’éducation morale et civique et le pouvoir politique pour inciter les jeunes à voter, et néanmoins on voit qu’ils ne sont pas très motivés. Et les réseaux sociaux… Il y a beaucoup de choses pas bien sur la manière de s’informer. Les jeunes ont beaucoup voté aux dernières élections, mais pour le candidat d’extrême droite, car il est jeune et présent sur TikTok, et c’est très désespérant. Ce n’est pas ça, la politique. Les jeunes doivent s’emparer de la politique. Le vote obligatoire ne résout pas ce problème. En France, les jeunes se sentent incompris. C’est propre aux jeunes en général : les jeunes se sentent incompris par les plus vieux. Et ce n’est pas très faux. On regarde les jeunes comme des étrangers et on répète en boucle « c’était mieux avant ». Je lutte contre cela, car la société appartient aux jeunes. On construit et on travaille pour la société de demain, pour la vôtre. 

    Le vote obligatoire existe en Belgique, mais pour moi, c’est un aveu d’impuissance. Je n’aime pas l’idée de forcer les gens à voter. Ce qui m’intéresse, c’est d’expliquer aux Français que voter est non seulement un droit, mais aussi un devoir. On vous demande votre avis, et je trouve dommage qu’un grand nombre choisisse de ne pas le donner. Mais il faut aussi comprendre que, même avec un système obligatoire, l’engagement des citoyens ne se ferait pas nécessairement de manière significative. C’est surtout un problème de conscience et d’éducation.

    Olivia Richard vue par Yasemin Gumpert. DR.

    En tant que femme en politique, avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

    Il n’y a pas une seule réponse à cette question. Au Sénat, ce n’est pas pareil qu’à l’Assemblée nationale. Chaque groupe politique fonctionne différemment et des facteurs comme le nombre d’enfants, si on est jeune, de droite, de gauche, militante, etc. font qu’on n’est pas toujours pris au sérieux. Il est plus difficile pour moi d’avoir accès aux micros, et souvent, on me redirige vers des problèmes sociales comme la protection de l’enfance, simplement parce que je suis une femme. 

    Il y a aussi une culpabilité constante, car je n’ai jamais l’impression d’être assez présente, ni pour mes enfants, ni au mandat, ni nulle part. Ce que l’on appelle le syndrome de l’imposteur. Les femmes élues doivent se mettre beaucoup de pression pour prouver qu’elles sont le bon choix, ce qui n’est pas le cas pour les hommes. Bien sûr, c’est une réalité caricaturale, mais c’est vrai. C’est un combat quotidien, avec beaucoup de sacrifices, et je fais de mon mieux. Il y a une différence dans le rapport au pouvoir selon les genres, ce n’est pas le même rapport au pouvoir et c’est quelque chose auquel je dois faire face dans mon quotidien.

    Y a-t-il une figure qui vous inspire particulièrement ?

    Il n’y en a pas qu’une. Je n’ai pas trop le caractère de fan, je suis émerveillée par toutes les personnes que je croise au quotidien, qui ont ce rapport à l’autre, à la société, au monde, qui fait qu’elles se dépassent. Et je trouve ça injuste qu’on parle toujours de Simone de Beauvoir, Martin Luther King, et Olympe de Gouges, alors qu’avec d’autres sénatrices, on a fait un rapport sur les femmes dans la rue, et on a rencontré des personnes admirables. Des gens inspirants, j’en croise toutes les semaines.

    Quelle réforme vous semble la plus urgente en ce moment ?

    Il n’y a pas forcément une réforme plus urgente qu’une autre, mais je pense que la lutte contre la violence sexiste et sexuelle est un combat incontournable. Est-ce plus urgent que celle contre la violence aux enfants? Peut-être pas, mais c’est absolument essentiel pour la société de demain. Il est urgent de briser le cycle de la violence dans nos sociétés et dans les familles. C’est un problème majeur qu’il faut traiter avec toute la gravité qu’il mérite.

    Merci à Olivia Richard d’avoir partagé avec nous sa carrière au Sénat et ses réflexions sur des enjeux tels que l’éducation civique, le vote des jeunes, et les défis spécifiques auxquels les féministes sont confrontées. Son discours est une invitation à la réflexion sur l’évolution de notre société et sur l’importance de l’engagement de chacun pour la construction du futur.
    Nous la remercions sincèrement pour sa disponibilité et la richesse de ses propos.

    Mise en page par Arif Kilinç


    Pour aller plus loin :

    Delphine Boulanger
  • Maxime Rovère : de l’art de philosopher sur la dispute

    Maxime Rovère : de l’art de philosopher sur la dispute

    Le lycée a récemment eu l’honneur d’accueillir Maxime Rovère, philosophe et écrivain français, dans le cadre d’une rencontre avec les élèves de la spécialité Humanités, Littérature et Philosophie (HLP). Cet événement fut l’occasion d’une réflexion approfondie sur la question des interactions humaines et, plus particulièrement, sur la dynamique des disputes et des désaccords. 

    Maxime Rovère est un penseur contemporain dont les travaux portent notamment sur l’éthique, la philosophie du langage et la pensée de Spinoza. Chercheur associé à l’ENS de Lyon et auteur de plusieurs ouvrages, dont Que faire des cons ? (2019), L’école de la vie (2020) et Se vouloir du bien et se faire du mal (2022 – tous publiés chez Flammarion), il s’intéresse aux mécanismes qui régissent nos échanges quotidiens, aux tensions qui émergent dans les discussions et aux moyens de les surmonter. Sa démarche consiste à comprendre les comportements humains sous l’angle de la philosophie, en mettant en lumière les logiques qui sous-tendent les malentendus et les conflits interpersonnels.

    Maxime Rovère. Photo Pascal Ito © Flammarion. DR.

    Lors de cette rencontre, les élèves de HLP ont eu l’opportunité d’aborder un sujet essentiel à la vie en société : la dispute. L’échange s’est articulé autour de plusieurs axes, notamment les raisons des désaccords, les comportements qui les exacerbent et les solutions envisageables pour mieux gérer les conflits. À travers une approche interactive et participative, Maxime Rovère a encouragé les élèves à partager leurs expériences et à analyser la nature des tensions relationnelles. 

    Un des points centraux de la discussion a été de comprendre les causes des disputes. Les élèves ont identifié plusieurs facteurs déclencheurs : l’incompréhension, l’orgueil, le refus d’écouter, mais aussi les biais cognitifs qui nous empêchent de percevoir pleinement le point de vue de l’autre. En s’appuyant sur des exemples concrets, ils ont réfléchi aux mécanismes qui nous poussent à nous enfermer dans nos certitudes, rendant le dialogue difficile. Au fil des échanges, la question des comportements qui aggravent les conflits a été abordée. Les élèves ont mis en avant des attitudes comme l’agressivité, l’ironie, le mépris ou encore le refus du compromis. En retour, ils ont cherché à identifier des stratégies pour désamorcer ces situations : faire preuve d’écoute active, reformuler les propos de l’autre pour s’assurer de les avoir compris, entreprendre un travail de sublimation, se faisant l’écho d’une démarche psychanalytique ou encore poser des questions plutôt que d’imposer une opinion. 

    Pour approfondir cette réflexion, les participants ont travaillé sur des schémas interactifs permettant de visualiser la dynamique des interactions humaines. À travers ces représentations, ils ont pu mieux appréhender les différentes postures adoptées lors d’un conflit : l’escalade de la tension, les tentatives de conciliation ou encore l’évitement. Cette approche visuelle a facilité la compréhension des mécanismes relationnels et offert des pistes concrètes pour améliorer la qualité du dialogue. Par exemple, ils ont commenté les interactions à travers le prisme d’un schéma de la théorie du chaos, en explorant l’imprévisibilité des mots et l’effet papillon qui peut survenir lors d’une discussion. 

    Inspirés par cette perspective, ils ont constaté que de petits détails – une intonation, une expression mal interprétée – pouvaient déclencher des réactions en chaîne et amplifier une situation conflictuelle de manière disproportionnée. Ce phénomène illustre bien comment une discussion, même anodine au départ, peut dériver vers un malentendu profond ou une dispute intense en raison de dynamiques imprévues. En s’appuyant sur la théorie du chaos, les élèves ont identifié des stratégies permettant d’atténuer ces dérives : ralentir le rythme des échanges pour limiter les réactions impulsives, reformuler les propos pour clarifier les intentions, et adopter une posture plus souple afin de s’adapter aux évolutions imprévues de la discussion. De plus, ils ont mis en évidence l’importance des « attracteurs » relationnels, ces schémas récurrents dans lesquels les conflits ont tendance à se rejouer inévitablement. Travailler sur ces structures interactionnelles permettrait ainsi d’éviter la répétition des mêmes disputes et d’instaurer un dialogue plus équilibré.

    En conclusion, cette rencontre avec Maxime Rovère a permis aux élèves de HLP d’interroger leur propre manière d’interagir avec autrui. En mettant en lumière les mécanismes des disputes et en proposant des outils pour mieux gérer les désaccords, cet échange s’est révélé particulièrement enrichissant. Il a offert aux élèves des clés pour développer une communication plus apaisée et constructive, un enjeu fondamental dans un monde où le dialogue reste l’un des piliers du vivre-ensemble. Nous remercions l’Institut Français d’Istanbul pour avoir permis cette rencontre et Monsieur Rovère pour cette visite précieuse et si enrichissante qu’elle nous nourrit encore et toujours.


    Pour aller plus loin :

  • Sous le soleil de Laurent Gaudé…

    Sous le soleil de Laurent Gaudé…

    Lundi 17 mars, des élèves de Première et ceux de la spécialité HLP de Terminale ont eu l’occasion de rencontrer l’écrivain Laurent Gaudé à l’Institut français. Lecteurs du livre Eldorado ainsi que du Soleil des Scorta, ils étaient très curieux et contents de cette rencontre ! 

    Laurent Gaudé est un écrivain français ayant rencontré un franc succès pour ses écrits. Il navigue entre deux mondes depuis toujours : le monde romanesque et le monde théâtral. Auteur de plusieurs pièces, il aime le travail de groupe, mais aussi être seul dans son écriture grâce au roman. 

    Tout m’intéresse” dit-il. Il y a cependant “deux familles de livres dans mon travail : les mythes, l’imaginaire, et l’écriture en réaction au monde qui m’entoure.”

    Pourquoi avoir écrit Eldorado ? 

    Eldorado est un livre abordant, à travers des personnages différents, l’enfer vécu par les migrants voulant traverser la mer pour aller en Europe. L’auteur y aborde le sujet avec un œil différent, de l’autre côté de la Méditerranée, dans cette Europe tant rêvée, cet Eldorado presque inaccessible.

    Laurent Gaudé publie Eldorado en 2006. A la question “Pensez-vous que votre livre était visionnaire de ce qui se passe aujourd’hui ?”, il répond : 

    Je n’ai pas été visionnaire, c’était déjà d’actualité. 

    L’auteur souhaitait écrire ce livre car les actualités parlaient chaque jour des nouveaux naufrages de bateaux clandestins et des centaines de migrants morts sans aucune sensibilité. 

    J’étais en colère. Il y avait une humanité qui se perdait. 

    A la radio, toujours les mêmes mots pour décrire les faits. Mais Laurent Gaudé, lui, pensait à un seul mot. Celui qui décrivait ces personnes, qui sont bien plus que des chiffres et des clandestins. Des hommes, des femmes, des enfants… 

    Moi, je pensais au mot courage.

    Laurent Gaudé, vu par Yasemin Gumpert. DR.

    Pour l’écriture, il s’informa énormément sur la situation, sur les pays d’origines de ces hommes, sur des faits historiques, mais il s’appuya aussi sur son imagination. Car pour l’écrivain, le roman permet une chose que l’actualité ne peut pas faire : la fiction. Les chiffres et les faits sans émotions ne peuvent pas toujours toucher au plus profond les populations. Or, par le biais de la fiction, de personnages, cela est possible. Laurent Gaudé voulait à tout prix éviter le documentaire. Pour cela, il a refusé de faire un voyage dans les pays d’où partent les migrants. Car il savait qu’en écoutant le vécu de ces personnes, qu’en voyant les choses de ses propres yeux, son récit serait beaucoup trop teinté du réel et se transformerait en documentaire. 

    Pendant longtemps, l’écriture de son récit fut arrêtée car celui-ci commençait à donner l’impression d’un documentaire. C’est alors qu’il créa un personnage, qui, jusqu’à maintenant, n’a jamais existé dans le réel : Salvator Piracci.

    Car, après tout, “personne n’a jamais pris une barque de l’Europe vers l’Afrique.” 

    L’auteur voulait “raconter les choses autrement”. Il a “toujours considéré les livres comme un espace de projection”. Il ne parle jamais de lui dans ses romans. La question est toujours : et si c’était moi ? 

    Ce n’est que par la suite, lors de ses voyages, qu’il rencontra effectivement des personnes qui auraient pu être ses personnages, dans des camps de réfugiés. 

    Enfin, Laurent Gaudé dit : “J’ai besoin de me décaler un petit peu du réel. Je pense qu’il y a de ça dans Eldorado.” 

    L’importance de la transmission 

    Laurent Gaudé accorde beaucoup d’importance à la thématique de la transmission dans ses œuvres. Puis-je faire le tri dans ce que je reçois ? Qu’est ce que je transmets ? La transmission peut-elle être un hasard ? Toute chose se dépose en nous. La transmission est très évoquée dans son œuvre Le soleil des Scorta, qui suit le destin d’une famille sur cinq générations. 

    L’auteur explique que la transmission de quelque chose ne se joue pas au nombre d’heures. C’est-à-dire qu’un simple regard peut nous transmettre quelque chose. Par exemple, dans Eldorado, la rencontre très rapide entre Salvator Piracci et Suleyman va pourtant changer à jamais les deux hommes. C’est une rencontre qui marche dans les deux sens, avec deux destins différents. 

    Je pense qu’on pourrait faire tout un roman à partir d’un regard. 

    La recherche d’une appartenance

    Dans ses œuvres, Laurent Gaudé cherche ce sentiment d’appartenance à la terre que l’urbain ne connaît pas. En tant que parisien, il n’a pas ce même attachement si profond qu’a l’homme à sa terre, son héritage, son pays. Il cherche cela. 

    Je suis à l’aise dans l’ailleurs. 

    Vous ne verrez presque jamais de description physique de ses personnages. En effet, l’auteur arrive à les “attraper”, à les faire comprendre quand il les fait parler, et non dans leurs descriptions. Enfin, l’auteur ne relie jamais ses anciens romans. Tel l’acteur qui ne visionne généralement jamais son film après le tournage. C’est une chose finie, maintenant on peut passer à autre chose. 

    Les œuvres de l’auteur sont très accessibles et teintées d’une sensibilité particulière. C’est un auteur à découvrir absolument. Laurent Gaudé est un écrivain profondément attaché aux relations humaines. A travers la fiction, il questionne le réel avec une teinte de mystique. 

    Dans cette discussion (organisée spécialement pour les élèves de Pierre Loti avant la rencontre publique le même jour. Merci l’Institut Français !) qui, à mon sens aurait pu encore continuer pendant des heures, Laurent Gaudé, à son tour, nous à transmis quelque chose : apprendre à voir les choses autrement. A l’instar d’Eldorado où l’on voit un autre visage des migrations : le courage de ces personnes.


    Pour aller plus loin :

  • Yapay zeka, günümüz meslekleri için bir tehdit mi? / L’intelligence artificielle représente-t-elle une menace pour les métiers d’aujourd’hui ?

    Yapay zeka, günümüz meslekleri için bir tehdit mi? / L’intelligence artificielle représente-t-elle une menace pour les métiers d’aujourd’hui ?

    Yapay zeka, günümüz meslekleri için bir tehdit mi?

    Bu sorunun cevabını, Daron Acemoğlu ve Simon Johnson’ın makalesinde aradık. Acemoğlu’nun “Yapay zekayı geliştiren ve kullanan büyük şirketler iyileştirme yerine otomasyonun yanında” ifadesi, araştırmamıza yön verdi. Yapay zekaya, gelecek on yılda kaybolabilecek meslekleri sorduk ve bu meslekleri icra eden, yaşları 20 ile 65 arasında değişen, sekiz kadın ve yedi erkek ile röportaj yaptık. Bu çalışma, yapay zekanın meslekler üzerindeki etkisini ve insanların bu konuda ne düşündüklerini daha iyi anlamamıza yardımcı oldu.

    52 yaşındaki proje yöneticisi ve mimar Leyla, yapay zekanın mesleğini elinden alamayacağına inanıyor. Özellikle mimarlık gibi hayal gücü ve yaratıcılık gerektiren bir alanda yapay zekanın tek başına yeterli olamayacağını savunuyor. Leyla, yapay zekanın teknik ve tekrarlayan işlerde faydalı olabileceğini ancak tasarım sürecinin tamamen insana özgü olduğunu vurguluyor. Yapay zekanın bir destek aracı olduğunu söylüyor. Mesleğini tehdit altında görmediğini ve bir B planı yapma gerekliliğini duymadığını ifade ediyor.

    34 yaşındaki iç mimar ve tasarımcı Elif, yapay zekayı mesleğinde sınırlı bir şekilde kullanmakta. Kendisi, ChatGPT gibi yapay zeka araçlarına pek başvurmasa da, tasarımlarını görselleştirme aşamasında bu teknolojiden faydalandığını belirtiyor. Ancak, yapay zekanın hâlâ gelişim aşamasında olduğunu ve bazen görsellerde hatalarla karşılaştığını dile getiriyor. Elif, yapay zekanın meslekleri yok etmeyeceğine, aksine insan gücünün işleyişini değiştireceğine inanıyor. Bu tür teknolojilerin bir sistem olarak çalıştığını ve sistemin çökmesi durumunda insanlara her zaman ihtiyaç duyulacağına dikkat çekiyor. Ayrıca, sanayi devrimiyle benzerlik taşıyan bu yeni dönemin, robotların hayatımıza girmesiyle şekilleneceği düşüncesine katılmıyor. Ona göre, robotlar hayatımızı önemli ölçüde etkilemeyecek, ancak yeterli önlemin alınmaması durumunda bu sürecin kontrolden çıkacağını düşünüyor. Son olarak, Elif, yapay zekanın her zaman bir profesyonele ihtiyaç duyacağını ve bu nedenle yeterli teknik veriye sahip olmayan bir algoritmanın tam verim almasının zor olduğunu vurguluyor. Bu, teknolojinin hâlâ insan faktörüne bağımlı olduğunu gösteriyor.

    49 yaşındaki Nazlı, yatırım bankacılığından fotoğrafçılığa ve film tercümanlığına uzanan ilginç bir kariyer yolculuğu yaptı. 2017 yılından bu yana film tercümanlığı yapan Nazlı, yapay zekanın tercümanlık mesleğini etkileyebileceğini kabul ediyor. Ancak, yazılı tercümelerde belki yardımcı olabilse de, duyguları ve nüansları doğru iletmek için hala insan gerekliliğini vurguluyor. Yapay zeka kullanımına pek ilgi göstermeyen Nazlı, zaman zaman ChatGPT kullanmakla birlikte, yapay zekanın verdiği cevapların hala kontrol edilmesi gerektiğini söylüyor. Fotoğrafçılıkta da yapay zekanın görselleri manipülasyonla bozma riski taşıdığını belirten Nazlı, bir fotoğrafa eskisi gibi güvenemediğini ifade ediyor. Sonuç olarak, yapay zekanın bazı mesleklerde yer değiştirmeye neden olabileceğini kabul etse de, insan yaratıcılığının hâlâ vazgeçilmez olduğunu savunuyor. Şu an için işini kaybetme kaygısı taşımadığını belirtiyor.

    35 yaşındaki çevirmen Asil, yapay zekanın kişiselleştirilmiş çeviri yapabilme kapasitesinin gerçek çevirmenlerin karşılaştığı zorlukları azalttığını belirtiyor. Ancak mesleğin geleceği açısından riskler barındırdığını da düşünüyor. Gelecekte çevirmenlerin, çeviri süreçlerini yönlendiren ve yapay zekayı etkili bir şekilde kullanan kişiler haline geleceğini öngören Asil, bu teknolojinin doğru şekilde kullanılmasının önemini de vurguluyor.

    40 yaşındaki Almanca tercümanı Benan, yapay zekanın dil çevirisini hızlandırsa da, hassas alanlarda insan onayının gerektiğini vurguluyor. Şu anda yapay zeka, mesleği tehdit etmese de gelecekte tercümanlık gibi mesleklerin yok olabileceğini düşünüyor. Ancak bu olasılığa karşı bir alternatif planı olmadığını belirtiyor. 

    35 yaşındaki finans asistanı Selin, yapay zekanın bir devrim olduğunu düşünüyor ve bu konuda birçok makale okuyup program izliyor. Ancak bu durumun birçok mesleği, kendininkini de dahil, ortadan kaldıracağını öngörüyor. Finans asistanlığının yapay zeka tarafından devir alınabiliceğini düşünen Selin, böyle bir durumda kendisini sosyoloji ve psikoloji alanına yönlendirmeyi düşünüyor.

    26 yaşındaki işe alım danışmanı Dilara, yapay zekayı sanayi devrimiyle kıyaslıyor ve birçok mesleğin yok olmasına sebebiyet vereceğini düşünüyor. Ancak, birebir insan iletişimi gerektiren işe alım danışmanlığının bu dönüşümden etkilenmeyeceğine inanıyor. Tıp ve teknoloji alanlarında faydalı bulduğu yapay zekanın, toplumsal düzeyde olumsuz etkiler yarattığını savunan Dilara, işini kaybederse o dönemin ihtiyaçlarına göre farklı bir mesleğe yöneleceğini söylüyor. Günlük işlerinde yapay zekayı rapor hazırlarken kullansa da, insanlığın bu teknoloji olmadan da ilerleyebileceğine inanıyor.

     20 yaşındaki İrem, ve 26 yasindaki Ozan markette kasiyer olarak çalışıyor. Yapay zekanın birçok mesleği tehdit ettiğini kabul ediyorlar, ve otomatik kasaların yaygınlaşmasıyla kasiyerlik mesleğinin ortadan kalkacağını düşünüyorlar. Ancak bir robotun kesinlikle insan gücünü aşabileceğine inanmıyorlar.

    26 yaşındaki kasiyer Ozan, birkaç yıl içinde yapay zekânın işini devir alacağını düşünüyor. Teknolojiye güvenmesine rağmen, bu durumla nasıl başa çıkacağına dair bir planı yok. Gelecekteki belirsizlik, Ozan’ın kaygılarını artırıyor.

    Okan, 23 yaşında, bir markette çalışıyor. Yapay zeka hakkında sınırlı bilgiye sahip olan Okan, özellikle sosyal medyada sıkça karşılaştığı Chat GPT yi biliyor. Ancak, günlük yaşamında yapay zeka teknolojilerini kullanmıyor. Çalıştığı işin yapay zeka tarafından tehdit edildiğini düşünmediğini ve bu konuda herhangi bir endişesi olmadığını belirtiyor. Okan, işinin yapay zekanın gelişimiyle daha da zorlaşacağını düşünmüyor ve bu tür teknolojilerin kendisini etkilemeyeceğini savunuyor.

    38 yaşındaki Gürsel, İstanbul’da taksi şoförlüğü yapan ve yapay zekanın iş gücü ve toplum üzerindeki etkilerini endişeyle izleyen bir birey olarak, yapay zekanın meslekleri tehdit edeceğini ve Türkiye’nin bu alanda geri kaldığını düşünüyor. Avrupa’da yapay zeka araçlarının taksi şoförlüğünü devraldığını belirten Gürsel, bu değişimin Türkiye’yi de etkileyeceğini ifade ediyor. Teknolojinin savaşlar ve uluslararası ilişkiler üzerindeki etkilerine de dikkat çekerken, gelecekteki meslek değişimlerine ayak uydurmak için programlama sektörüne geçmeyi düşünüyor.

    45 yıldır bakkallık yapan 65 yaşındaki Ahmet, yapay zekanın meslekleri yok etme ihtimaline rağmen, bu teknolojinin işini tehdit etmediğine inanıyor. Yapay zekanın bazı meslekleri dönüştürse de, geleneksel işlerin yerini almayacağını ve bunun yerine yeni iş fırsatları yaratacağını düşünüyor. Teknolojik gelişmeleri genellikle televizyonda takip eden Ahmet, yapay zeka devrimini sanayi devrimine benzer bir dönüm noktası olarak değerlendiriyor. Ona göre yapay zeka, hayatını olumlu yönde etkileyecek ve ülke için faydalı bir gelişme olacak. Yapay zekanın mesleğini elinden alacağına dair bir endişesi bulunmadığı için, geleceğe dair alternatif bir plan yapma gereği duymuyor. Bu rahatlık ve güven, onun değişime nasıl uyum sağladığını ve bu teknolojinin potansiyelini nasıl değerlendirdiğini gösteriyor.

     Çağrı merkezinde çalışan 43 yaşındaki Yeliz, işinde düzenli olarak yapay zeka kullandığını açıkladı. Yapay zekanın hali hazırda işinin bir parçası olduğunu, herhangi bir çağrı merkezini aramanız durumunda ilk başta bir yapay zekanın size eşlik ettiğini ardından ise bir insana yönlendirildiğinizi söyledi. Yeliz günlük hayatında yapay zekayı pek kullanmadığını ve yapay zekanın işini elinden alamayacağını vurguladı.

    24 yaşında bir yazılım geliştiricisi olan Can, Fransa’da yaşayan ve yapay zeka konusunda uzmanlaşmış, bu teknolojinin sanayi devrimi ile karşılaştırılmasını doğru bulmuyor. Yapay zekanın iş gücü ve insanlık üzerindeki etkisini değerlendirirken, şu anda meslekleri tehdit etmediğini ve önümüzdeki on yıl içinde de bunun değişmeyeceğini belirtiyor. Can, yapay zekanın olumlu ya da olumsuz etkilerinin, nasıl kullanıldığına bağlı olduğunu vurguluyor. Ayrıca, kendi sektöründe yapay zekayı geniş çapta kullandığını ancak bunun insanlık için zorunlu olmadığını, geçmişte de yapay zeka olmadan önemli teknolojik ilerlemelerin kaydedildiğini ifade ediyor.

    Merve, 50 yaşında bir ressam ve aynı zamanda ortaokul, lise ve AP görsel sanatlar öğretmeni. Sanatta yapay zekânın kullanımına dair çelişkili düşünceleri olduğunu ifade ediyor. Merve, yapay zekânın bazı durumlarda işleri kolaylaştırdığını ancak bazen de « kolaya kaçmak » olarak değerlendirilebileceğini belirtiyor. Günümüzde insanların sanat eserlerine anlam katma çabası içinde olduğunu ve bu noktada ChatGPT gibi uygulamaların faydalı olabileceğini söylüyor. Eğitim alanında yapay zekânın sınav soruları hazırlamak veya belirli belgeleri bulmak için pratik bir araç olabileceğini kabul eden Vural, yine de kaynakların doğruluğunun mutlaka kontrol edilmesi gerektiğini vurguluyor. Ancak yapay zekânın, özellikle ressamlık gibi sanatsal bir meslekte, insanın yerini asla tam anlamıyla dolduramayacağını düşünüyor. Ona göre, robotlar ne kadar « mükemmel » resimler yaparsa yapsın, duyarlılık duygusundan yoksun oldukları için bu alan insanlara özgü kalacaktır. Ana mesleği öğretmenlik olduğu için yapay zekânın işini elinden almayacağına dair içinin rahat olduğunu ekliyor. Ancak, sipariş üzerine çalışan ressamların ve duvar ressamlarının mesleklerinin yapay zekâ tarafından tehdit altında olduğunu düşünüyor. Ona göre, sipariş veren kişiler, maliyet ve zaman avantajı nedeniyle bir ressam yerine yapay zekâ kullanmayı tercih edebilir. Vural, el işiyle uğraşan diğer mesleklerle ilgili görüşlerini de paylaşarak, « Robotlar yemek yapabilir ama gastronominin daha ömrü var diye düşünüyorum, » diyor.

    Sonuç olarak, yaptığımız röportajlar ve incelediğimiz makaleler teknolojik dönüşümün işgücü üzerindeki etkileri konusunda çelişkili bir tablo sunmaktadır. Katılımcıların çoğu yapay zekanın belirli görevleri otomatikleştirebileceğini ancak tamamen insanın yerini almasının mümkün olmadığını ifade etti. Bununla birlikte, bazı sektörlerde yapay zekanın iş yapış şekillerini değiştirdiği ve çalışanların bu dönüşüme uyum sağlaması gerektiği yönünde görüşler de paylaşıldı. Röportajlarda görüldüğü üzere, insanlarin büyük bir kısmı, mesleklerini kaybetmeyeceklerini düşünmekte ve gelecekteki değişimlere iyimser yaklaşmaktadır. 

    Ancak, yapılan araştırmalar bu algının aksini ispatlamıştır. Özellikle düşük vasıflı işlerde çalışanların bu devrimden daha fazla etkileneceği belirtilirken yeni beceriler geliştirmeyen bireylerin işgücü dışında kalma riski ile karşı karşıya olduğu vurgulanmaktadır. Bu çelişki toplumsal farkındalığın artırılması ve bireylerin teknolojik dönüşüme uyum sağlayacak şekilde eğitilmesi gerekliliğini bir kez daha göstermektedir. 

    Daron Acemoğlu ve Simon Johnson’un makalelerinde vurguladığı gibi, büyük şirketlerin yapay zekayı daha çok iş gücünü geliştirmek yerine maliyetleri düşürmek amacıyla kullanması gelecekte iş dünyasında köklü değişimlere yol açabilir. Yapay zekanın nasıl ve hangi amaçlarda kullanıldığı, çalışma hayatının geleceğini belirleyen en önemli faktörlerden biri olmaya devam etmektedir. Her ne kadar şu an için birçok çalışan bu durumu doğrudan bir tehdit olarak görmese de, uzun vadede yapay zekanın iş gücü üzerindeki etkileri ve insanlarla teknoloji arasındaki dengenin nasıl şekilleneceği merak konusu olmaya devam ediyor.

    Yazan: Kloe Bensusan,
    Tuna Altilar, Yusuf Caglayan, Axel Carino, Timur Damirov, Duru Doganer, Esra Durmaz, Poyraz Erinç, Pia Garabetyan, Etem Kiliç, Yelina Küçük, Dara Derin Miralem, Arsen Rousselle ve Zeynep Tavil ile birlikte


    L’intelligence artificielle représente-t-elle une menace pour les métiers d’aujourd’hui ?

    Nous avons exploré cette question à travers l’article de Daron Acemoğlu et Simon Johnson. L’expression d’Acemoğlu, « Les grandes entreprises qui développent et utilisent l’intelligence artificielle privilégient l’automatisation plutôt que l’amélioration », a orienté notre recherche. Nous avons interrogé une intelligence artificielle sur les métiers susceptibles de disparaître dans les dix prochaines années, puis mené des reportages auprès de huit femmes et sept hommes, âgés de 20 à 65 ans, exerçant ces professions. Ce travail nous a permis de mieux appréhender l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers et les perceptions des personnes concernées.

    À 52 ans, Leyla, architecte passionnée, est convaincue que l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer son métier. Selon elle, l’architecture repose avant tout sur l’imagination et la créativité, des qualités propres à l’humain.

    Cependant, Leyla reconnaît que l’intelligence artificielle peut jouer un rôle précieux en facilitant les tâches répétitives et techniques. Elle voit cet outil comme un allié, capable de lui faire gagner du temps, mais jamais comme un substitut au travail de conception, qui reste au cœur de son métier.

    Elif, 34 ans, est architecte d’intérieur et designer. Bien qu’elle n’utilise pas fréquemment des outils d’intelligence artificielle tels que ChatGPT, elle profite de cette technologie pour visualiser ses créations. Cependant, elle souligne que l’intelligence artificielle est encore en développement et qu’elle rencontre parfois des erreurs dans ses images. Elif estime que l’intelligence artificielle ne détruira pas les métiers, mais modifiera la manière dont les forces humaines travaillent. Selon elle, ces technologies fonctionnent dans un certain système, et si ce système venait à s’effondrer, l’humanité aurait toujours besoin de main-d’œuvre. Elle note également que cette nouvelle ère rappelle la révolution industrielle, mais elle n’est pas convaincue que les robots entreront profondément dans nos vies. Pour elle, l’impact des robots sera limité, mais si des mesures strictes ne sont pas prises, ce processus pourrait déraper. Enfin, Elif insiste sur le fait que l’intelligence artificielle aura toujours besoin d’un professionnel qualifié. En effet, sans les données techniques adéquates, il est difficile d’obtenir un rendement optimal de cette technologie, ce qui montre que l’intelligence artificielle reste largement dépendante de l’expertise humaine.

    À 49 ans, Nazlı possède un parcours professionnel riche, allant de la banque d’investissement à la photographie, pour finalement se consacrer à la traduction depuis 2017. Consciente de l’impact potentiel de l’intelligence artificielle sur son métier, elle reconnaît que, bien que l’intelligence artificielle puisse assister dans les traductions écrites, la transmission fidèle des émotions et des nuances demeure une compétence humaine essentielle. Peu encline à utiliser l’Intelligence artificielle, bien qu’elle ait occasionnellement recours à ChatGPT, Nazlı estime nécessaire de vérifier les réponses fournies par ces outils. En photographie, elle exprime des réserves quant à la manipulation des images par l’intelligence artificielle, ce qui érode sa confiance envers les photos. En conclusion, Nazlı admet que l’intelligence artificielle peut transformer certains métiers, mais elle affirme que la créativité humaine reste irremplaçable. Pour l’heure, elle ne craint pas de perdre son emploi.

    Le traducteur de 34 ans, Asil, affirme que l’intelligence artificielle l’aide grâce à sa capacité à personnaliser les traductions. En outre, il pense que l’intelligence artificielle représente des risques pour l’avenir de ce métier. Asil estime que, dans le futur, les traducteurs seront des personnes qui dirigeront le processus de traduction et utiliseront l’intelligence artificielle de manière efficace. Il insiste sur l’importance d’employer l’intelligence artificielle de façon appropriée.

    A 40 ans, Benan, traducteur, souligne que, bien que l’intelligence artificielle accélère la traduction, une validation humaine reste indispensable dans les domaines sensibles. L’intelligence artificielle ne menace pas encore la profession, il pense qu’à l’avenir, des métiers comme celui de la traduction pourraient disparaître. Cependant, il n’a pas de plan alternatif face à cette éventualité. 

    Selin, 35 ans, est assistante financière. Elle pense que l’intelligence artificielle est une révolution et lit de nombreux articles et regarde des programmes à ce sujet. Cependant, elle prévoit que cette évolution fera disparaître de nombreux métiers, y compris le sien. Selin considère que le poste d’assistante financière pourrait être repris par l’intelligence artificielle. Dans une telle situation, elle envisage de se réorienter vers la sociologie et la psychologie. Selon elle, ces domaines nécessitent l’âme et l’indépendance humaine, des qualités que l’intelligence artificielle ne peut pas pleinement remplacer.

    Dilara, une consultante en recrutement de 26 ans, compare l’effet futur de l’intelligence artificielle à la révolution industrielle, estimant qu’elle entraînera la disparition de nombreux métiers. Cependant, elle croit que les professions nécessitant une interaction humaine directe, comme le conseil en recrutement, ne seront pas affectées. Bien qu’elle reconnaisse les avantages de l’intelligence artificielle dans les domaines de la médecine et de la technologie, Dilara souligne ses effets négatifs sur le plan social. Si son métier venait à disparaître à cause de l’intelligence artificielle, elle prévoit de s’adapter en se tournant vers les besoins du marché. Malgré l’utilisation occasionnelle de l’intelligence artificielle pour préparer des rapports, elle reste convaincue que l’humanité peut progresser sans cette technologie.

    Irem et Ozan, respectivement âgés de 20 et 26 ans, travaillent dans un supermarché en tant que caissiers. Ils reconnaissent que l’intelligence artificielle représente une menace pour de nombreux métiers et pensent qu’avec le développement des caisses automatiques, le métier de caissier risque de disparaître. Malgré cela, ils estiment qu’un robot ne pourra jamais surpasser leurs capacités.

    Okan, âgé de 23 ans, est aussi un caissier qui travaille dans un supermarché. Il n’a pas énormément de connaissances concernant l’intelligence artificielle, ses connaissances se limitent surtout à ChatGPT et les informations qu’il acquiert sur les réseaux sociaux. İl n’utilise pas l’intelligence artificielle dans sa vie quotidienne. Contrairement à İrem et Ozan, il ne craint pas de perdre son travail à cause de l’intelligence artificielle. Okan pense que même si cette technologie va compliquer les choses, ce genre de technologie ne va pas l’influencer personnellement.

    Gürsel, 38 ans, est un chauffeur de taxi à Istanbul et suit avec inquiétude l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail et la société. Il estime que l’Intelligence artificielle menace les professions et accuse la Turquie d’un retard dans ce domaine. Selon lui, les véhicules autonomes ont déjà remplacé les chauffeurs de taxi en Europe, et ce changement finira par affecter la Turquie. Il souligne également l’influence de la technologie sur les guerres et les relations internationales. Conscient des évolutions à venir dans le monde du travail, il envisage de se reconvertir dans le secteur de la programmation afin de s’adapter aux transformations du marché.

    Un petit commerçant de 65 ans, Ahmet, est un épicier depuis 45 ans. Malgré le risque que l’intelligence artificielle fasse disparaître de nombreux métiers, Ahmet ne considère pas cette technologie comme une menace pour son travail. Il est convaincu que, bien que l’intelligence artificielle transforme certains secteurs, elle ne remplacera pas les métiers traditionnels et, au contraire, engendrera de nouvelles opportunités et de nouveaux métiers. Il suit régulièrement les avancées technologiques à la télévision et considère la révolution industrielle comme un tournant, à l’instar de la révolution industrielle. Selon lui, cette évolution a eu un impact positif sur sa vie et sera un développement bénéfique pour le pays. Ne voyant pas l’intelligence artificielle comme une menace pour son métier, il n’éprouve pas le besoin de réfléchir à un plan de reconversion pour l’avenir. Cette confiance témoigne de sa capacité à s’adapter aux changements et à évaluer le potentiel de cette technologie.

    Yeliz, 43 ans, qui travaille dans un centre d’appel, affirme utiliser régulièrement l’intelligence artificielle, car lors d’un appel, le centre vous redirige tout d’abord vers un robot puis vers un opérateur humain. Elle ne pense pas que l’intelligence artificielle pourra remplacer son poste, ce qui explique le fait qu’elle n’a pas pensé à une reconversion professionnelle.

    Jeune développeur de 24 ans, Can, vivant en France, qui se spécialise dans l’intelligence artificielle, critique la comparaison entre cette technologie et la Révolution industrielle en évaluant son impact sur le monde du travail et l’humanité. Il affirme que l’intelligence artificielle ne menace pas les métiers actuellement et que cette situation ne changera pas dans les dix prochaines années. Selon lui, les effets bénéfiques ou nuisibles de l’intelligence artificielle dépendent de l’usage qui en est fait. Le développeur précise qu’il utilise largement l’intelligence artificielle dans son secteur, mais qu’elle n’est pas indispensable pour l’humanité et que d’importantes avancées technologiques ont été réalisées dans le passé sans l’intelligence artificielle.

    Merve, peintre de 50 ans et enseignante en arts visuels, a des opinions contrastées sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’art. Elle reconnaît que l’intelligence artificielle peut faciliter certaines tâches, mais estime qu’elle peut aussi être une forme de « facilité ». Selon elle, des outils comme ChatGPT peuvent être utiles pour donner du sens aux œuvres d’art. Elle admet que l’intelligence artificielle est un outil pratique dans l’éducation, mais souligne l’importance de vérifier la fiabilité des sources. Pour Merve, l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer complètement l’humain dans l’art, car elle manque de sensibilité. Elle explique peindre avant tout pour son propre plaisir et ne vendre ses œuvres que sur demande. Convaincue que l’enseignement n’est pas menacé par l’intelligence artificielle, elle pense en revanche que les artistes travaillant sur commande ou les peintres décoratifs sont en danger, les clients pouvant préférer l’intelligence artificielle pour des raisons de coût et de rapidité. 

    En conclusion, les reportages que nous avons réalisés et les articles que nous avons analysés dressent un tableau contrasté de l’impact de ces transformations sur la main-d’œuvre. La majorité des participants s’accorde à dire que l’intelligence artificielle automatisera certains métiers spécifiques, mais qu’elle ne pourra jamais remplacer totalement la contribution humaine. De plus, il ressort que l’IA modifie les méthodes de travail dans plusieurs secteurs, soulevant des réflexions sur la manière dont les travailleurs peuvent s’adapter harmonieusement à ces évolutions. Comme l’ont montré les reportages, la plupart des personnes ne craignent pas de perdre leur emploi et adoptent une attitude positive face aux changements à venir. Or, les recherches menées remettent en question cette conception. En particulier, il apparaît que les emplois peu qualifiés seront les plus affectés par cette révolution, et que les individus ne développant pas de nouvelles compétences courent un risque accru d’exclusion du marché du travail. Cette contradiction souligne une fois de plus l’importance de sensibiliser la société et de mettre en place des dispositifs de formation adaptés, afin de permettre aux individus de s’adapter efficacement à la transformation technologique.

    Article de Kloe Bensusan,
    avec Tuna Altilar, Yusuf Caglayan, Axel Carino, Timur Damirov, Duru Doganer, Esra Durmaz, Poyraz Erinç, Pia Garabetyan, Etem Kiliç, Yelina Küçük, Dara Derin Miralem, Arsen Rousselle et Zeynep Tavil
    Traduction du turc en français par Yeliz Isin


    Pour aller plus loin :

    Kloé Bensusan
    Tuna Altilar
    Yusuf Caglayan
    Axel Carino
    Timur Damirov
    Duru Doganer
    Esra Durmaz
    Poyraz Erinç
    Pia Garabetyan
    Etem Kiliç
    Yelina Küçük
    Dara Derin Miralem
    Arsen Rousselle
    Zeynep Tavil
    Yeliz Isin
  • Le club musique : Live de Noël 2024 !

    Le club musique : Live de Noël 2024 !

    Le 19 décembre dernier, le Club Musique a réalisé son premier concert de l’année devant l’ensemble des lycéens, dans la salle Camille Bergaud de Tarabya. 

    Dès les premières notes de Layla d’Eric Clapton, l’ambiance s’est installée. Puis place au grunge avec Come as You Are de Nirvana, emmenant le public dans les années 90. 

    Le club musique en live dans la salle Camille Bergeaud, 19 décembre 2024Lycée Français Pierre Loti.

    L’émotion est montée d’un cran avec Haydi Gel İçelim de Yüksek Sadakat, offrant une touche rock turc avant que Le vent nous portera de Noir Désir vienne envelopper la salle d’une douce mélancolie.

    Ainsi, s’est poursuivie la soirée avec Let It Be des Beatles et, gagnant encore en intensité, avec Creep de Radiohead. La soirée s’est conclue avec There Is A Light That Never Goes Out de The Smiths.

    Un immense merci aux musiciens qui nous ont fait vivre ce moment magique, ainsi qu’au public dont l’énergie et le soutien ont rendu ce concert encore plus spécial… 

    Montage vidéo par Kaan Douillet
    Mise en pages par Arif Kilinc

    Delphine Boulanger
    Kaan Douillet
  • Ferdi Tayfur : une légende de la musique turque

    Ferdi Tayfur : une légende de la musique turque

    Connaissez-vous Ferdi Tayfur ? Découvrez son parcours et son impact sur la musique turque à travers un voyage au cœur de l’arabesque…

    Ferdi Tayfur, l’une des figures les plus emblématiques du style arabesque, est décédé le 2 janvier 2025. 

    Qui était Ferdi Tayfur ?

    Né en 1945 à Adana, Ferdi Tayfur était un chanteur, compositeur et acteur turc qui a profondément marqué la culture musicale de son pays. Issu d’un milieu modeste, il s’est rapidement imposé grâce à son talent exceptionnel et à sa voix unique, remplie d’émotion. Dès les années 1970, il est devenu l’une des figures majeures de la musique arabesque en Turquie. Au cours de sa carrière, il a enregistré plus de 30 albums et joué dans de nombreux films. Il a également remporté neuf fois le prestigieux prix du « Disque d’or ».

    Sa famille et sa vie personnelle

    Ferdi Tayfur a eu cinq enfants issus de différentes relations. Avec son épouse Zeliha Turanbayburt, il a eu deux filles, Tuğba et Funda. D’une relation antérieure, il a eu un fils, Timur Turanbayburt. Sa longue relation avec l’actrice Necla Nazır lui a donné une fille, Tuğçe Tayfur, tandis que sa liaison avec Habibe Ümyanı Demir lui a donné un autre fils, Ferdi Taha Tayfur. Malgré sa célébrité et sa carrière intense, sa famille a toujours occupé une place importante dans sa vie. 

    Pourquoi était-il si connu en Turquie ?

    Ferdi Tayfur a su capturer l’âme du peuple turc avec des paroles poignantes et des mélodies bouleversantes. Son succès repose sur sa capacité à exprimer les douleurs et les espoirs des classes populaires. Il a vendu des millions d’albums et ses concerts attiraient des foules immenses. En 1982, il a fondé son propre label, Ferdifon Plakçılık, contribuant ainsi à la production musicale turque. Parallèlement à sa carrière musicale, il a également joué dans plusieurs films, renforçant ainsi sa popularité.

    Un maître de la musique arabesque

    Le style de Ferdi Tayfur s’inscrit dans la musique arabesque, un genre musical mêlant influences orientales et occidentales, souvent associé à des thèmes mélancoliques comme l’amour perdu, la solitude et l’injustice. Ce genre, très populaire en Turquie dans les années 70 et 80, trouve en lui l’un de ses plus grands ambassadeurs. Il était également connu pour son talent de compositeur, ayant écrit de nombreuses chansons devenues cultes.

    Ses chansons les plus célèbres et leur impact

    Entre ses titres qui lui valent toujours succès on retrouve : İçim Yanar (Je brûle de l’intérieur), Bana Sor (demande moi), Hatıran Yeter (ton souvenir suffit) -Un titre qui a marqué des générations, dépassant les 27 millions d’écoutes-, Huzurum Kalmadı (je n’ai plus de paix) –Une chanson où il livre toute son âme, évoquant la tristesse et l’amertume-, Sigarayı Bıraktım (j’ai arrêté de fumer)

    Les chansons de Ferdi Tayfur abordaient des thèmes universels qui touchaient profondément ses auditeurs. Ferdi tayfur chantait des chansons à thèmes très divers faisant notamment évocation de la politique, de l’amour. Il chantait souvent la douleur de l’exil, l’amour impossible, les désillusions de la vie et la nostalgie du passé. Ses paroles reflétaient les réalités des classes populaires et exprimaient un mal-être partagé par de nombreuses personnes. Cette capacité à transformer les émotions en musique explique son succès durable. Ces chansons, parmi d’autres, continuent d’être écoutées sur les plateformes de streaming, preuve de leur impact durable.

    Ses albums les plus marquants

    Ferdi Tayfur a sorti plus de 30 albums, parmi lesquels certains sont devenus incontournables :

    • Çeşme (1977) 🡪  L’album qui l’a propulsé au sommet de la musique arabesque.
    • Derbeder (1979) 🡪 Un album culte qui a renforcé son image d’artiste mélancolique.
    • Prangalar (1992) 🡪  Son plus grand succès commercial, avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus.
    • Mor Güller (1995) 🡪 Un album qui a marqué les années 90 avec son style toujours aussi poignant.

    Qui écoute encore Ferdi Tayfur en Turquie ?

    Si sa musique a d’abord conquis les classes populaires et ouvrières, elle est désormais écoutée par un large éventail de personnes, y compris les jeunes générations qui découvrent ses titres à travers les plateformes de streaming. Son influence dépasse les frontières et touche ceux qui recherchent une musique empreinte d’émotion et d’authenticité. Son concert donné en 1993 au parc Gülhane à Istanbul avait rassemblé plus de 200 000 personnes, un record pour l’époque.

    Un hommage à une légende

    Le décès de Ferdi Tayfur a laissé un grand vide dans le cœur de ses admirateurs. Son œuvre continue cependant de vivre à travers ses chansons intemporelles. Il restera à jamais une figure emblématique de la musique turque, et son héritage perdurera dans les mémoires. Un hommage officiel lui a été rendu le 4 janvier 2025 au Centre Culturel Atatürk, et il a été inhumé aux côtés de sa mère à Istanbul.

    Que vous connaissiez déjà Ferdi Tayfur ou que vous le découvriez aujourd’hui, prenez un moment pour écouter ses chansons afin de mieux comprendre son influence et l’importance de la musique arabesque.

    Playlists :

    Ferdi Tayfur vu par Melisa Gumpert. DR.

    Mise en page par Ghita Tibari
    Illustration de couverture par Melisa Gumpert

    Nehir Aydoğan
  • Bruce Dickinson’s The Mandrake Project: a legacy unleashed – Part 2

    Bruce Dickinson’s The Mandrake Project: a legacy unleashed – Part 2

    Bruce Dickinson’s new album The Mandrake Project set the heavy metal world alight, but the legendary Iron Maiden frontman wasn’t done there. He and his band followed it up with a blockbuster, spellbinding world tour that electrified crowds across the globe.

    March 1, 2024 was a long-awaited date for metalheads around the world, as heavy metal’s greatest vocalist’s first solo album in nearly 20 years was finally set to be released. The Mandrake Project wasn’t just an album – it was a complete concept which included the record, but also a comic series, and of course, a thunderous world tour. The House Band of Hell played 51 concerts for 350,000 fans across 24 countries and set stages ablaze around the world for four months. The setlist included the new record’s highlights, such as “The Afterglow of Ragnarok” and “Resurrection Men”, alongside long-time classics like “Tears of the Dragon”, “Chemical Wedding”, and “Road to Hell”.

    All Concert photos are from Hellfest Festival at Clisson, France. By Antoine de MontremyDuke TV. DR.

    Bringing these iconic tracks to life on stage was no easy task and it was made possible by the incredible musicians who joined Bruce on tour. Tanya O’Callaghan, who has previously worked with Whitesnake and Dee Snider, rocked the bass, while Dave Moreno, former drummer for Puddle of Mudd, kept the beat on drums. Guitarist and producer Roy Z, originally set to play had to step down due to personal commitments, and was replaced by two talented musicians. Swedish-born guitarist and multi-platinum credited producer Philip Näslund and Swiss session and touring musician Chris Declercq shredded the guitars on stage. Finally, Italian keyboardist Mistheria – founder of the symphonic metal act Vivaldi Metal Project, and a collaborator on 2005’s Tyranny of Souls – returned for The Mandrake Project. He set the atmosphere for each song, whether it was through his keyboards or his iconic keytar!

    The tour started off with a warm-up show at The Observatory in Santa Ana, Orange County, USA on April 15. “We’re not afraid of doing some growing up in public, so this show will be as close to a rehearsal as you can get, it’s exciting to think what these musicians can do – and will do – when there are over one thousand fans in the room!” commented Bruce regarding the first show. The band then moved to Central America, before heading to Europe, finalising the tour with two shows: one in Istanbul on July 19, and another in Athens on July 21, where they played the Maiden classic “Alexander the Great” to their Greek fans.

    At the end of the tour, the official video for the song “Resurrection Men” was released as a recap. Bruce said, “The tour was one of the very best. The band were just so pumped and on it every night that it was a joy. The audience reactions everywhere for songs old and new were pretty overwhelming and I already can’t wait to go back out again! The video is my thank you to everyone that came to see us at festivals, clubs, theatres, and arenas. Who said a metal audience can’t appreciate a theremin, bongos and ‘Dick Dale-esque’ surfer guitars? Mine certainly do!!”

    This end, however, is obviously not the end, as the first 2025 date was announced on December 13: a blazing concert at the Town Festival, São Paulo, Brazil, awaits the House Band of Hell and fans from all around the world! So… stay ever watchful for new updates and much more Mandrake magic to come!

    Mise en page par Fergan Öztürk

  • Les États-Unis sont-ils toujours une superpuissance ?

    Les États-Unis sont-ils toujours une superpuissance ?

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont dominé la scène mondiale, qu’il s’agisse d’économie, de culture, de politique ou de puissance militaire. Pendant des décennies, ils ont incarné l’idée même de superpuissance. Mais aujourd’hui, avec des bouleversements géopolitiques majeurs et des défis tant internes qu’externes, peut-on encore les considérer comme la force incontestée qu’ils étaient autrefois ?

    Une puissance qui impressionne encore

    Les États-Unis restent un mastodonte mondial. Leur économie, toujours la plus importante de la planète, représente environ un quart du PIB mondial. Le dollar reste la pierre angulaire des échanges internationaux, offrant au pays une influence économique unique. Sur le plan culturel, leur empreinte est indélébile : Hollywood continue de raconter les histoires qui font rêver le monde, tandis que des géants technologiques comme Google, Apple et Microsoft façonnent nos vies quotidiennes. 

    Côté militaire, la domination des États-Unis est indéniable. Avec un budget de défense de près de 900 milliards de dollars en 2024, ils déploient leur puissance sur tous les continents. Leurs bases militaires, leur marine et leurs technologies de pointe assurent une présence stratégique dans les zones clés du globe. Par ailleurs, dans des secteurs comme l’intelligence artificielle, la biotechnologie ou l’exploration spatiale, ils restent à l’avant-garde.

    @nouvelobs

    A quelques jours de l’élection qui oppose Kamala Harris et Donald Trump, notre journaliste François Reynaert, alias Oncle Obs, revient sur l’histoire des Etats-Unis et explique comment ils sont devenus au XXe siècle les « gendarmes du monde ». #apprendresurtiktok #sinformersurtiktok #etatsunis🇺🇸

    ♬ son original – Le Nouvel Obs – Le Nouvel Obs

    Enfin, leur soft power, cette capacité à influencer sans contrainte, reste inégalé. Les universités américaines attirent les esprits les plus brillants du monde entier, et des projets comme ceux de la NASA ou de SpaceX continuent de faire rêver l’humanité.

    Mais des défis de plus en plus grands

    Malgré ces points forts, les États-Unis ne sont plus seuls au sommet. La Chine, par exemple, s’impose comme un rival sérieux. Son économie rivalise désormais avec celle des États-Unis en termes de taille, et son influence s’étend partout grâce à des projets comme les « Nouvelles Routes de la Soie », qui tissent des liens économiques et politiques à travers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Sur le plan militaire, Pékin modernise rapidement ses forces et défie les Américains dans la région Asie-Pacifique, notamment en mer de Chine méridionale.

    La Russie, bien que plus fragile économiquement, reste un acteur imprévisible. Sa guerre en Ukraine illustre sa volonté de redessiner les frontières géopolitiques, et ses cyberattaques ciblent directement les démocraties occidentales.

    Sur le plan des alliances, les choses ne sont pas simples non plus. Si les États-Unis restent proches de l’Europe, des tensions persistent, qu’il s’agisse de commerce, d’énergie ou de l’approche face à la Chine. Par ailleurs, de nombreux pays émergents, comme l’Inde ou le Brésil, refusent de se ranger automatiquement derrière Washington, préférant tracer leur propre chemin.

    Les ambitions de Trump et les défis internes

    À ces pressions extérieures s’ajoutent des défis internes. Donald Trump, avec son slogan « Make America Great Again », a marqué une rupture dans la politique étrangère américaine. Pendant son mandat, il a prôné une forme d’isolationnisme, remettant en question l’OTAN, les accords commerciaux multilatéraux et le rôle traditionnel des États-Unis comme gendarme du monde. Alors qu’il envisage un retour potentiel en 2025, son influence continue de peser sur le débat national, divisant les Américains sur la direction à suivre. 

    À cela s’ajoutent d’autres problèmes domestiques : une polarisation politique croissante, des inégalités sociales persistantes et des défis économiques tels que la dette publique. Ces faiblesses internes risquent de limiter la capacité des États-Unis à se projeter efficacement sur la scène internationale.

    Un leadership qui évolue

    Malgré tout, les États-Unis n’abandonnent pas leur place. L’administration actuelle s’efforce de relever ces défis avec une stratégie claire :

    • Affronter la Chine : Les États-Unis maintiennent une posture ferme sur des questions comme Taïwan et les pratiques commerciales de Pékin, tout en cherchant à limiter son influence dans les pays en développement.
    • Resserrer les liens avec l’Europe : Le climat, la régulation des grandes entreprises technologiques et la sécurité transatlantique figurent en tête des priorités.
    • Investir dans les pays émergents : Washington s’efforce de renforcer ses partenariats en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine pour contrer la montée en puissance de la Chine.
    • Miser sur l’innovation : Les États-Unis investissent massivement dans les énergies renouvelables, les technologies de pointe et la conquête spatiale pour conserver leur avantage compétitif.

    Un monde multipolaire

    Cependant, le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de l’après-guerre froide. La domination unilatérale des États-Unis laisse place à un ordre mondial multipolaire, où des puissances comme la Chine, la Russie, l’Union européenne et même des coalitions régionales jouent un rôle croissant.

    Beaucoup de pays, notamment dans le monde émergent, adoptent une posture plus indépendante. Plutôt que de choisir un camp, ils préfèrent tirer parti de la rivalité entre grandes puissances pour défendre leurs propres intérêts.

    Une puissance toujours forte, mais moins seule

    Les États-Unis restent l’une des plus grandes puissances de la planète, grâce à leur économie, leur force militaire et leur influence culturelle. Mais leur domination n’est plus aussi écrasante qu’avant. La montée en puissance de rivaux comme la Chine, les défis posés par la Russie et l’émergence d’un monde multipolaire obligent Washington à repenser son rôle.

    Leur avenir dépendra de leur capacité à surmonter leurs divisions internes, à maintenir leur avance technologique et à collaborer efficacement avec leurs partenaires. Les États-Unis restent une superpuissance, mais ils évoluent désormais dans un monde où la concurrence est plus féroce que jamais.

    Mise en page par Buse Balcik

  • Voyage scolaire à Berlin : “Wir sind alle Berliner!”

    Voyage scolaire à Berlin : “Wir sind alle Berliner!”

    La semaine avant les vacances de fin d’année, les élèves de la classe d’allemand de Première et Terminale sont partis visiter la ville de Berlin durant quatre jours. Ce fut un voyage chargé de nombreuses activités, dont un spectacle de musique et d’acrobaties ! 

    L’auberge de jeunesse 

    Les élèves sont restés durant ce séjour dans une grande auberge de jeunesse, ancienne école de la RDA. Il s’y ressentait l’ambiance de ce vieux Berlin soviétique, sombre et silencieux… 

    Le mur de Berlin (East side gallery)

    Visite du fameux mur de Berlin tombé en 1989 ! De nombreux artistes ont fait de ces pierres leurs toiles. Et voilà que surgit un musée d’art à ciel ouvert ! Avec l’oeuvre iconique de Dmitri Vrubel : Mein Gott, hilf mir, diese tödliche Liebe zu überleben

    Le Reichstag

    Le Parlement allemand à une longue histoire et prend place dans un très beau bâtiment que l’on nomme le Reichstag. Les élèves ont eu la chance d’y entrer et de voir l’endroit même où se tiennent les assemblées du gouvernement ! 

    Weihnachtsmarkt! 

    Comment visiter Berlin sans faire le tour des marchés de Noël ? Le plus beau étant probablement celui du château de Charlottenburg ! Bratwurst, glühwein et crêpes… Nous nous sommes régalés !  

    Visite du camp de concentration de Sachsenhausen 

    Une journée en dehors de la ville : les élèves ont visité le camp de concentration de Sachsenhausen. Des centaines de victimes y ont été tuées lors de la Seconde Guerre mondiale. C’était une visite très enrichissante, très rude et forte en émotion. Nous remercions encore une fois notre excellent guide Rudolf qui a su nous expliquer de façon unique ce passé qu’il ne faut pas oublier.

    Berliner Dom

    Petit tour du côté de la magnifique église du Berliner Dôme. Plus qu’une église, ce lieu ressemble à un véritable palais! Avec son dôme et ses étages. Nous pouvons également accéder au haut du dôme après beaucoup, beaucoup d’escaliers… 

    Musée de la DDR et musée de l’histoire allemande 

    Les élèves sont, parmi de nombreuses autres visites, aller dans deux musées accompagnés d’un guide pour mieux comprendre l’histoire allemande et l’histoire du Mur de Berlin. Des musées très explicatifs et interactifs ! 

    Spectacle : Falling in love 

    Et nous clôturons enfin ce merveilleux voyage avec un spectacle absolument fantastique au Friedrichstadt Palast : « Falling in Love! ». Avec des danses, des acrobaties, des chansons et une collaboration Swarovski… C’était un spectacle haut en couleurs ! 

    Eh bien, voilà ! Nous remercions infiniment Mme Houdaer, M. Poelke et Mme Duwa pour ce voyage inoubliable. C’est un souvenir que l’on n’oubliera pas de sitôt ! 

    Vielen Dank!

    Mis en page par Eren Köseoglu


    Quelques images en plus de ce merveilleux voyage :