La question de la différence entre l’Homme et l’animal intéressa plusieurs auteurs et penseurs au cours de l’histoire. Les auteurs de l’antiquité gréco-romaine nous transmettent des points de vue divers et variés sur ce sujet, qui est essentiel pour l’étude de la philosophie.
Aristote et Cicéron, auteurs grec et romain, considèrent l’Homme supérieur à l’animal car c’est un être doté de raison. L’Homme n’est pas emporté par le plaisir immédiat et possède un goût de l’étude et de l’apprentissage, contrairement à l’animal. D’autres penseurs émettent cependant d’autres points de vue sur le sujet. Étudions donc ce qu’en disent les textes et sources antiques, afin d’illustrer la réflexion gréco-romaine sur les places respectives de l’Homme et de l’animal.
L’animal, un être égal à l’Homme
Pline l’Ancien déclare que les animaux -les éléphants notamment- évaluent les risques avant de prendre action et arrivent à se comprendre, tout comme l’être humain. Origène affirme que les animaux possèdent des villes et appliquent des régimes politiques de la même manière que l’Homme. Epicure dit que l’Homme est inférieur à l’animal par son inadaptation au monde mais supérieur par son intelligence et langage, et ajoute qu’une part de bestialité persiste chez l’Homme ainsi qu’une part d’intelligence chez la bête. Pythagore pose un autre point de vue en exprimant l’indépendance de l’âme du corps. Ces penseurs ont des perspectives qui défendent l’égalité entre l’Homme et l’animal.
L’Homme, un être inférieur à l’animal
Par ailleurs, certains se concentrent sur l’infériorité de l’Homme par rapport à l’animal. Origène, qui est cité dans la partie précédente, et qui portait un regard égal sur les êtres, explique cependant qu’en matière de prédiction, l’animal domine l’Homme, car ce dernier dépend de lui pour prédire l’avenir -des oiseaux notamment. Origène affirme ainsi que les animaux ont un lien plus immédiat avec le divin. Lucrèce déclare que l’Homme est particulièrement fragile et vulnérable, surtout dans son enfance, par rapport à l’animal qui s’adapte naturellement à son milieu. Quant à Horace, il attire l’attention sur la capacité de la fourmi à prévoir et à faire des provisions de nourriture, ainsi qu’à se contenter de ce qu’elle possède, en évoquant ainsi l’avarice et l’incessante avidité de l’Homme.
L’Homme, un être supérieur à l’animal
D’autre part, certains penseurs placent l’Homme au-dessus de l’animal. Platon situe les animaux en bas de la hiérarchie des êtres vivants et les décrit comme étant des « sortes d’homme ayant perdu le sens du beau ». Les stoïciens, entre autres Marc Aurèle et Sénèque, placent l’Homme au centre en précisant la possession de la raison qu’à ce dernier, à l’inverse de l’animal qui possède l’instinct.

Enfin, le christianisme distingue l’Homme comme étant créé à l’image de Dieu et insiste sur sa supériorité en le séparant des autres animaux : c’est ce qu’affirme, par exemple, Saint Augustin.
Pour conclure, l’étude de ces penseurs et de leurs idées montre que divers regards sur la différence entre l’Homme et l’animal ont existé à travers l’antiquité. Ces perceptions changeaient selon les religions, les courants de pensées, et leurs évolutions à travers les siècles.
Mise en page par Zeynep Yalamanoglu
Auteurs et textes ayant servi comme source :
- Contre Celse, IV, Origène
- De Rerum Natura, V, Lucrèce
- Satires, I, Horace
- Histoire naturelle, VIII, Pline l’Ancien
- Cicéron
- Aristote
- Pythagore
- Platon
- Epicure
- Sénèque
- Marc Aurèle
- Saint Augustin
Pour poursuivre la réflexion :
