Le Mary Celeste, une énigme non résolue, un mystère qui, depuis 1872, hante les nuits de ces scientifiques et chercheurs qui ont passé leur vie à sa recherche, malheureusement en vain…
Nous sommes en novembre 1872 au port de New York et le Mary Celeste, ce simple navire de commerce quitte le port pour la haute mer. La météo lors du départ était en leur faveur, tandis que la route du navire était sans failles. La sécurité du voilier et des autres équipements ont été vérifiés à plusieurs reprises avant son départ. Et pourtant, il est retrouvé sans équipage, abandonné un mois plus tard, au large des Açores…

Plusieurs hypothèses ont été faites suite à cette disparition que j’expliquerais plus tard, mais d’abord, il est nécessaire de connaître les détails au sujet de ce navire et de son équipage fantomatique.
Benjamin Briggs est le capitaine du navire. Il est né dans le Massachusetts en 1835. Peu d’informations ont été retrouvées à propos de son identité. Nous savons que c’était un grand marin respecté et qu’il eut deux enfants avec sa femme (qui était egalement sa cousine) Sarah Elizabeth Cobb. Quelques années après la naissance de son second enfant, fatigué de sa vie de marin, il prend sa retraite et se lance dans les affaires. Il achète le Mary Céleste dont il prend le commandement en octobre 1872. Ce devait être son premier voyage commercial qui avait pour destination Gênes en Italie. Benjamin choisit l’équipage du navire de manière minutieuse: le second capitaine, Albert G Richardson, avait déjà navigué avec lui auparavant. Andrew Gilling, Edward William Head , ainsi que les frères Volkert et Boz Lorenzen, Arian Martens et Gottlieb Goodschaad se joignent un peu plus tard à eux. Benjamin décide du port de départ : celui de New York.

C’est donc en novembre 1872 que le Mary Céleste arrive à quai. 1701 tonneaux d’alcool saturés devaient être transportés dans la cargaison. Sa fille et son épouse le rejoignent pour l’accompagner lors du voyage. Il écrit d’autre part une lettre a à sa mère avant son départ, l’assurant que le navire est en “parfaite condition”. La météo étant favorable, le Mary Céleste quitte le port le 7 novembre 1872. Or, un autre navire se nommant le Dei Gratia ayant une route semblable à celle du Mary Celeste, prend la mer depuis le port de Gibraltar le 15 novembre de la même année.
En décembre 1872, Le Dei Gratia retrouve le Mary Céleste à environ dix kilomètres de distance, entre les Açores et la côte portugaise. Cependant, Le navire dérivant est vide et il n’y a aucun signal de vie… Le capitaine du Dei Gratia, Morehouse, décide donc d’envoyer deux de ses hommes, Deveau et Wright, sur le Mary Céleste. Une fois à bord, ces deux hommes remarquent que le navire est abandonné. Beaucoup de matériel, notamment celui de sauvetage, est manquant. Les voiles et le gréement sont endommagés. Il n’y a aucun signe de violence sévère, d’après les indices, il semble que l’équipage ait quitté le navire précipitamment.
Une partie de l’équipage du Dei Gratia reste sur le Mary Céleste et l’emmène au port de Gibraltar où ils arrivent le 12 décembre 1872. Quelques jours plus tard débute une audience judiciaire à Gibraltar à propos de la disparition mystérieuse du navire. Deveau et Wright réussissent à convaincre Flood, le procureur, qu’un crime a été commis à bord. Flood pense d’abord à une mutinerie mais cela est contredit par les analyses scientifiques et l’opinion d’un capitaine de la Marine américaine. Malgré cela, il maintient ses accusations et libère le Mary Celeste le 25 février.
Maintenant que nous connaissons les faits, nous pouvons passer aux nombreuses théories cherchant à expliquer la disparition de son équipage. Il y a deux théories principales : un acte criminel et un phénomène naturel.
1- Concernant l’acte criminel, une première hypothèse serait qu’un meurtre aurait été commis par l’équipage ivre, mais le manque de preuves rend cette hypothèse peu crédible. Une autre hypothèse consiste à imaginer que les capitaines Briggs et Morehouse auraient organisé volontairement l’abandon du navire dans le but de se partager la récompense des sauveteurs. Or, cette hypothèse n’est pas cohérente car Briggs aurait subi une grande perte financière en abandonnant son navire. Enfin, la dernière idée pour l’acte criminel inclut l’attaque de pirates, mais plusieurs objets personnels de l’équipage auraient été retrouvés sur le navire ce qui rend l’hypothèse encore une fois invraisemblable.
2- Etant donné que les hypothèses en rapport avec un acte criminel sont toutes illogiques, il reste les hypothèses concernant le phénomène naturel : Premièrement, certains pensent à une trombe ou un tremblement de terre. D’autres suggèrent qu’une défaillance des pompes aurait fait prendre l’eau au navire, risquant de le faire couler, ce qui a provoqué son abandon par l’équipage. Une autre hypothèse propose la possibilité d’un tsunami qui aurait endommagé la cargaison, libérant des vapeurs et créant une potentielle explosion ou un incendie. L’équipage aurait pris fuite avant l’incident. Enfin, la dernière hypothèse dit que l’équipage serait monté à bord d’un autre navire et que les cordes reliant ce navire et le Mary Celeste se seraient rompues.
Le mystère du Mary Celeste demeure donc non résolu, malgré les nombreuses hypothèses proposées, aucunes ne paraissent cohérentes au vu des infimes preuves restantes.
Cette disparition a suscité énormément d’écriture dans les journaux mais également dans des textes fictifs où la réalité et la fiction se sont entremêlées. Dès 1883, de nombreux grands journaux comme le Los Angeles Times ont publié des articles concernant la disparition du navire. Or, nous retrouvons dans ces articles-là, un aspect fictif causé par les détails inventés et des erreurs factuelles comme la localisation.
En 1884, Arthur Conan Doyle, le grand auteur des romans policiers, écrit une nouvelle s’intitulant “J.Habakuk Jephson’s Statement”. Il a renommé le bateau dans la nouvelle “le Marie Celeste” et, en s’inspirant fortement de son histoire, présente une version fictive des événements tout en ajoutant une perspective fantastique au récit. Après la sortie de sa nouvelle, d’autres récits ont été publiés comme celui du prétendu survivant Abel Fosdyck en 1913, ou celui de John Pemberton, le cuisinier présumé du navire, en 1920. Certains ont même avancé des théories extravagantes comme l’inclusion d’extraterrestres ou d’un calmar géant.

La fin de carrière du Mary Céleste est marquée par une série d’événements tragiques : des difficultés financières, une escroquerie… Suite à cette fraude, une enquête et un procès ont eu lieu, mettant en évidence la croyance des accusés en une possible malédiction associée au navire.
Le mystère du Mary Celeste perdure dans le temps, et continue d’être la source d’inspiration de certains auteurs. En 2001 par exemple, des recherches archéologiques ont été effectuées, mais la plupart des vestiges sont prisonniers du corail. Concernant la fiction, son nom est devenu connu dans les domaines cinématographiques et littéraires. Par exemple, un épisode de “Doctor who” mentionne cette disparition. Un film se nommant “The Mystery of the Mary Celeste” raconte l’histoire de cette énigme non résolue.
Au cours du temps, le Mary Celeste devient un symbole de fascination pour les personnes s’intéressant aux mystères. Son histoire, portant à polémique, a suscité de nombreux débats et des adaptations plus modernes de son récit. Suite aux nombreuses hypothèses qui ont été faites à son sujet, mais ont toujours été démontées fautes de preuves, le nom Mary Celeste a perduré dans le temps comme l’archétype du mythe des “vaisseaux fantômes”, et risque encore de brouiller les esprits curieux pendant longtemps…
Mise en page par Selim Günes
Pour aller plus loin :
- une fiction de Radio France à écouter en podcast
- une entrée en matière si vous souhaitez vous plonger dans le monde fantasmagorique des hypothèses autour de la disparition de cet équipage.
