Les membres du MUN de Pierre Loti participent régulièrement à des compétitions, tant à Istanbul qu’à l’étranger. Le dernier voyage des jeunes délégués les a menés à Menton, sur la Côte-d’Azur. Là-bas, ils ont été accueillis par des élèves de SciencesPo pendant cinq jours et ont eu la chance de découvrir la beauté remarquable de la ville, ainsi que de participer au MEDMUN, le Mediterranean Model United Nations, en tant que comité turc pour la majorité et représentants dans d’autres comités pour le reste du groupe.
Pour vous faire part de leurs aventures, nous allons d’abord détailler en quoi consiste la Modélisation des Nations Unies. Ensuite, nous relaterons les trois jours de débat de nos élèves, et enfin, nous évoquerons un point important qui a affecté nos participants.
Le Model United Nations (MUN), ou Modélisation des Nations Unies en français, est une simulation de l’ONU dans laquelle les participants endossent le rôle de délégations représentant différents États. Les sujets abordés sont variés, allant des questions économiques et politiques aux enjeux sociaux. Les comités sont présidés par des modérateurs qui dirigent les discussions. Les délégués commencent par une période de lobbying, durant laquelle ils forment des alliances et rédigent des résolutions. Ensuite, lors des débats, ils défendent les intérêts de l’État qu’ils représentent et concluent par un vote sur les résolutions proposées. La plupart du temps, la simulation dure trois jours, bien que certaines puissent s’étendre sur deux jours, comme celle de Galatasaray à laquelle PLMUN a participé et où il a remporté trois titres de meilleur(e) délégué(e) ainsi qu’une mention honorable. Le MUN offre une formidable opportunité de mieux comprendre le fonctionnement de l’ONU et d’apprécier la coopération internationale.
Notre lycée participe activement à cette organisation depuis la création du PLMUN (exemple à Athènes en novembre 2022). Le voyage à Menton était l’une des simulations à l’étranger auxquelles nous avons participé, et certainement pas la dernière…
MEDMUN a débuté le vendredi 5 avril et s’est terminé le dimanche 7 avril. Durant ces trois jours, la majorité des élèves ont été membres du comité turc de l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce. Cette décision a été prise pour assurer la présence d’un comité turc en raison d’un manque de participants turcophones dans la simulation. Les autres élèves ont intégré d’autres comités. Le vendredi matin, MEDMUN a débuté par la cérémonie d’ouverture, lors de laquelle les organisateurs ont prononcé des discours sur les objectifs de la simulation et ont sensibilisé les délégués à certaines problématiques, comme l’immigration. Cette cérémonie a été suivie par le premier tour de lobbying sur la question de l’industrie textile en Méditerranée et les problèmes qui en découlent. La première journée de MEDMUN s’est clôturée par une soirée destinée aux délégués de tout âge.






Le deuxième jour, les délégués de tous les comités ont repris leurs travaux en entamant les débats sur le premier sujet. Dans le comité turc, les deux résolutions proposées ont été acceptées. Les délégués ont ensuite poursuivi avec le lobbying sur le deuxième sujet. Pour les délégués majeurs, SciencesPo Menton a organisé une soirée dans un casino, à laquelle nos lycéens n’ont évidemment pas pu assister.

Le troisième et dernier jour, les délégués ont défendu leurs positions et voté sur les résolutions. Outre plus, le comité de crise est intervenu en proposant une situation complexe aux délégués, afin de tester leur capacité à coopérer et d’enrichir la simulation. Enfin, MEDMUN s’est achevé par la cérémonie de clôture, au cours de laquelle Can Peksavas, du comité turc, a été désigné meilleur délégué de son comité.
La simulation était divertissante, la ville était magnifique et les élèves ont passé un bon moment. Cependant, il est important de souligner un point crucial…
En particulier, les élèves participants au comité turc ont exprimé un sentiment de déception : ils estiment avoir été traités de manière injuste intentionnellement. Les délégués turcophones pensent que l’organisation a favorisé certains comités, voire certaines langues, au détriment d’autres. Ce ressenti est notamment nourri par les sujets attribués au comité turc et par le déroulement des cérémonies d’ouverture et de clôture. Tout d’abord, bien que toutes les langues aient été représentées lors de ces cérémonies, le turc était presque totalement absent. Par exemple, dans la présentation PowerPoint, toutes les langues étaient incluses sauf le turc. De plus, les sujets abordés dans le comité turc étaient jugés trop abstraits et trop neutres pour susciter un débat intéressant de la part de nos élèves. Lorsque nous avons soulevé ces préoccupations, les responsables nous ont répondu que d’autres sujets avaient été proposés mais avaient été jugés trop radicaux et politiques. Ils ont prétendu avoir évité cette approche pour ne pas offenser les délégués turcophones, comme cela avait été le cas les années précédentes. Cependant, selon les présidentes du comité, une élève turque, consciente des dynamiques du pays, avait suggéré des sujets plus politiques et intéressants, mais ces suggestions avaient été rejetées. Il convient également de mentionner que d’autres comités, notamment les comités arabophones, ont abordé des sujets très politiques et controversés, tels que le conflit israélo-palestinien. Enfin, lors des remerciements aux établissements, notre lycée n’a pas été cité et nos efforts n’ont pas été reconnus.
Certes, il est nécessaire d’engager un dialogue avec les organisateurs de MEDMUN afin de clarifier certains points, et nous ne sommes pas certains à cent pour cent que tous ces éléments aient été délibérés. Cependant, c’est le ressenti.

En conclusion, le club MUN du lycée a séjourné à Menton dans un contexte scolaire : les délégués ont développé leur esprit critique et ont établi de nouveaux liens avec des élèves d’autres écoles. Ils ont découvert la culture mentonnaise et ont travaillé sérieusement au MUN. Nous sommes cependant tenus de mettre en lumière les sentiments des élèves participants afin d’initier une discussion visant à éviter de tels malentendus dans le futur.
Mise en page par Zeynep Yalamanoglu

