Kurt Cobain (1) : les débuts d’un enfant maudit

Figure emblématique du style Grunge, fondateur du groupe Nirvana, mari et père, Kurt Cobain aura marqué nombre de personnes au cours de sa tumultueuse ascension vers la célébrité. Cette surexposition l’aurait-elle menée à sa perte ou bien sont-ce les conséquences d’une vie marquée par nombre de traumatismes qui eurent raison de lui ? Découvrons son enfance, de la joie aux traumatismes, et ses débuts dans le Punk rock… 

Il était un début…

Kurt Donald Cobain est né le 20 février 1967 à Aberdeen, une petite ville de l’État américain de Washington. Ses parents sont le parfait cliché des amis lycéens qui sont devenus un couple et qui ont fini rapidement par se marier et avoir un enfant, rien de plus normal à la fin des années 60. Alors âgés de 19 et 21 ans, Wendy et Don Cobain accueillent Kurt qui devient très rapidement le chouchou de ses parents et de toute sa famille.

A ses 3 ans Kurt se découvre une réelle passion pour la musique : il touche à tout, que ce soit la guitare, le piano ou même la batterie et surtout, dans ce cadre familial, il découvre une musique qui passe en boucle à la radio, Les Beatles, qui deviennent très rapidement les idoles de Kurt. Il ne s’intéresse pas uniquement à la musique mais aussi à l’art : il adorait dessiner. Pas des dessins comme vous et moi faisions à cet âge : Kurt avait déjà son propre style de dessin. 

Quelques années après, c’est au tour de sa petite sœur Kimberly de naître ; une réelle complicité s’installe très vite entre les deux, rendant Kurt le plus heureux des grand frères. Mais malheureusement, tous ses soucis vont partir de là : on ne sait pas trop pourquoi, mais le père de Kurt, Don, s’agace de le voir courir partout, d’être une pile pleine d’énergie. Pour Don, un enfant ne doit pas faire de vagues, tout l’opposé de Kurt qui a déjà son propre caractère, agité, débordant d’énergie, créatif, rien de plus normal pour un enfant. Mais Don n’en peut plus et finit par le ramener chez un pédiatre qui lui diagnostique un “souci”. A l’époque, malheureusement, l’hyperactivité n’est pas quelque chose de très connu et est souvent considéré comme un problème. Son père fait prescrire au pédiatre des médicaments, plus précisément de la ritaline, une sorte de psychostimulant. Mais ça ne va toujours pas le calmer, Kurt déborde toujours d’autant d’énergie, ce qui va rendre fou son père. 

En voyant que les médicaments ne marchent toujours pas, Don va mettre en place un plan d’oppression psychologique contre Kurt : il va tout faire pour que Kurt ait honte de lui-même, lui rabâchent qu’il n’est pas normal, qu’un garçon ne devrait pas se comporter comme ça, qu’il est le seul problème de cette famille. A ce moment Kurt comprend le message, qu’il ne rentre pas dans la case où on veut le mettre ; il arrête soudainement de courir partout et de parler aux gens, préférant passer ses journées caché dans un placard par peur de croiser Don.

A cause de toute cette pression, Kurt va finir par se creer un ami imaginaire : Boddah. Cet ami va beaucoup inquiéter ses parents ; son père, au lieu de lui parler gentiment, lui expliquera juste que son ami Boddah est parti faire la guerre au Vietnam. Ce sera au tour de ses parents de se prendre la tête désormais : l’amour de jeunesse a disparu et ils divorcent un peu avant ses 10 ans. 

La descente

Kurt, le petit soleil, a disparu. Il est maintenant devenu un enfant violent qui s’amuse à enfermer sa babysitter dehors. Quand il est seul, il devisse les ampoules pour rester dans le noir. Sa mère, Wendy, qui n’a plus la force de le gérer, va l’envoyer chez son père pour se débarrasser de ce fardeau. Pour envenimer les choses, c’est à ce moment là de son histoire que Kurt rentre au collège. Evidemment, il n’arrive pas à suivre les cours à l’école à cause de ce qui se passe à la maison ; il a des mauvaises notes et, au lieu de comprendre ce qui lui arrive et de l’aider, ses parents lui rabâchent sans cesse qu’il est nul, que c’est un bon à rien, car c’est plus simple que de chercher à le comprendre. 

Donc, pour se rebeller, Kurt commence à ne plus écouter ses parents, à sécher les cours pour faire de la guitare. Son père, en ayant assez, l’envoie faire du sport, plus précisément de la lutte, sauf que Kurt n’aime pas ce sport, ni ses coéquipiers et, pour énerver son père, il fait exprès de perdre tous ses tournois. Cette fois-ci, ce n’est plus Kurt qui a honte de ce qu’il est mais son père : Don a honte de son fils, en raison du fait qu’il n’est pas comme les autres enfants de son âge, même après tous les “efforts” qu’il a fait. Il décide finalement de le virer de chez lui. 

Kurt est donc envoyé chez ses oncles et tantes qui se l’enverront chacun leur tour par honte de l’avoir chez eux. C’est à ce moment-là que Kurt commence à avoir une propension pour le morbide, ce qui est visible sur ses dessins qui seront de plus en plus gores, comme toute sa vie. Un événement va le marquer plus qu’autre chose : sur le chemin du retour vers sa maison, Kurt et ses amis vont tomber sur le cadavre d’un homme pendu ; alors que tous les autres garçons terrifiés partent en courant, Kurt va lui rester là pendant une heure avant que les secours ne l’éloignent de la scène de l’incident.

Le lycée

Étonnamment, le lycée va être la porte de sortie pour Kurt : il s’y fera de nouveaux amis qui sont tout aussi perdus que lui dans la vie et il feront ensemble la découverte du Cannabis. La drogue va lui permettre de se débarrasser de son anxiété et d’oublier ses problèmes pendant un moment, même si c’est une solution artificielle, car ses problèmes sont toujours là et encore pire qu’avant. Sa relation avec sa mère va en s’aggravant, allant même jusqu’à devenir toxique, ce qui le poussera à s’enfoncer encore plus dans l’addiction. Maintenant, du petit joint il passe à l’alcool, quitte à dévaliser des magasins pour s’en procurrer. Tout dans le but de s’oublier de ce monde. Lorsque ni l’alcool ni la drogue ne fonctionnent, il pense déjà à en finir. 

Mais Kurt ne veut pas en finir pour une seule et bonne raison : il est puceau. Kurt veut mettre fin à ses jours mais pas avant d’avoir vécu un amour physique une première fois. Il met donc en place une technique de drague très stratégique : il va chez une fille de son lycée, lui offre un gâteau et lui demande si elle veut le faire. Même si c’est ridicule, ça marche (prenez note). Ne nous emballons pas : Kurt lui demande si elle l’a déjà fait pour se rassurer, et elle le lui confirme, plein de fois même, avec son cousin… Je vous passe les détails mais ça suffit à dégouter Kurt. Le problème, c’est qu’en venant d’une petite ville comme Aberdeen, les rumeurs vont très vite et Kurt a donc très vite la réputation d’avoir couché avec la “consanguine”. 

Toute cette histoire va trop loin, il subit le harcèlement jusqu’à l’humiliation et décide d’en finir. Il va boire au-delà du raisonnable et marcher le long d’une voie ferrée. Lorsqu’il arrive à bonne distance, il s’allonge sur la voie et se place un bloc de brique sur le torse pour qu’aucune marche arrière ne soit possible. Le bruit du train approche, les lumières éblouissent son visage, il est prêt, il ferme les yeux et retient son souffle. Le train passe sur la voie d’à côté. Kurt est toujours sur la voie, réfléchissant à ce qui ne tourne pas rond chez lui. Cette tentative est un échec mais aussi un succès : Kurt a compris que son heure n’était pas arrivée, ce en quoi il a raison car, quelques jours après, il va rencontrer quelqu’un, Roger Osborn, un ami de lycée qui va lui permettre de se plonger dans quelque chose de nouveau qui n’est pas l’alcool ni la drogue, mais le Punk Rock.

Kurt a un déclic, un monde où il se sent enfin bien, un monde où il peut exprimer sa rage, où des hommes se rebellent contre la vie en criant dans un micro ! Il a enfin trouvé son univers et il comprend enfin qu’il n’est pas le seul à ressentir ce mal en lui. Il commence donc à se demander si ce ne serait pas sa raison de vivre.

Underground

Kurt comprend que le Punk Rock sera sa porte de sortie de l’enfer dans lequel il vit. Il sait déjà jouer de la musique donc il commence alors à en jouer tous les jours. Tout ceci est déjà beaucoup mieux que la drogue et l’alcool et tout ce qu’il a bien pu faire jusqu’à maintenant. Donc il vit musique, il mange musique, il dort musique et, dans ses temps perdus, il va dans des clairières crier ses chansons à voix haute pour entraîner ses cordes vocales. Arrivé à ce niveau-là, il dit à tous ses amis qu’il deviendra une grande rockstar un jour. Et cela tombe bien car Roger, l’ami qui l’a introduit au Punk Rock fait lui partie d’un petit groupe qui s’appelle les “Melvines”. Pour Kurt, c’est déjà un honneur de pouvoir s’entraîner avec eux ; il les accompagne à leurs concerts et se porte volontaire pour transporter leur équipement. C’est comme ça que, petit à petit, Kurt va commencer à mieux connaître le monde de la musique, qui est déjà présent depuis très longtemps dans sa vie. Kurt se sent enfin chez lui et veut rejoindre ce monde complètement. 

Avec ses amis de lycée, il fonde le groupe “Fecal Matter”. Rien d’important à dire de ce groupe. Les membres changent tout le temps à cause de problèmes: personne ne s’apprécie et ils virent même le batteur à cause de ses problèmes d’alcool. Le groupe se dissout avant même avoir eu le temps de faire un seul concert. Mais même avec toutes ces complications, ils ont eu le temps d’enregistrer et de sortir une seule démo.  

Kurt se rend donc compte qu’il y a quelque chose chez lui, cette fois-ci pas quelque chose qui cloche, mais qu’il a réellement un don pour la musique. Cette démo, il va la montrer à un de ses amis, Krist Novoselic, qui lui est bassiste. Ensemble ils vont former un groupe. Ils se lancent donc tous les deux, Kurt à la guitare et la voix, Krist à la basse et un autre ami à la batterie. Il vont se lancer d’une manière assez stratégique, en apprenant par cœur tous les morceaux d’un groupe bien connu “Creedance Clearwater Revival”. 

Car connaître à l’époque les chansons de ce groupe précis, c’était s’assurer de pouvoir jouer dans tous les bars de sa ville et de pouvoir récolter quelques dollars par concert, et c’est comme ça que la stratégie de la débrouille commence. 

La débrouille

Tout ça c’est cool, pouvoir jouer de la musique entre amis et économiser quelques sous avec les concerts, mais tout cela ne permet pas de vivre. Ayant arrêté les études définitivement et vivant chaque soir sur le canapé d’amis, Kurt décide donc de travailler comme gardien d’immeuble et de faire des heures supplémentaires en nettoyant des canapés de médecin ou de comptable. Il commence à squatter des couloirs d’immeuble le soir, en dévissant les ampoules pour pouvoir rester dans le noir et en se levant tôt le matin pour éviter de croiser les habitants. Il décrira cette vie misérable des années plus tard dans sa chanson “Something in the ways”. 

Et comme à chaque fois, c’est une rencontre qui va changer sa vie : Tracy, une femme qui va avoir une place tres importante dans celle de Kurt, tellement importante qu’il lui dédira une chanson “About a girl”. 

Très rapidement, ils tombent amoureux et décident de s’installer ensemble. Mais tout ne va pas bien : il perd son emploi et n’a plus aucune source de revenu ; c’est à Tracy de subvenir aux dépenses du foyer avec son simple job de travailleuse dans une cantine. Leurs revenus financiers sont tellement bas qu’ils vont aller jusqu’à voler. 

Durant tout ce temps où ils essayent de survivre et de maintenir leur vie de couple, Kurt lui passe ses journées à gratter à la guitare. Il joue toute la journée et écrit mais il peint aussi, des aliens étranges, des guitares explosées, des horloges qui fondent et des corps mutilés. C’est aussi à ce moment qu’il trouve autre chose que le cannabis : les drogues dures comme le LSD. Mais c’est aussi le temps pour le groupe de changer : Kurt compose tout le temps des chansons et il faut maintenant tenter une nouvelle approche avec le groupe qui se nomme désormais… NIRVANA

Mise en page par Arif Kilinç

Azra Tuncer
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