La cérémonie du Met Gala 2025 s’est déroulée le 2 mai au Metropolitan Museum of Art à New York. Placée sous le thème “Superfine: Tailoring Black Style”, cette édition a été représentée par des co-présidents emblématiques : Lewis Hamilton, A$AP Rocky et Pharrell Williams. Entre invités prestigieux, tenues spectaculaires et un tapis rouge éblouissant, qu’est-ce qui explique l’immense engouement suscité cette année sur les réseaux sociaux ?

Le dandysme
Un style vestimentaire mais aussi une attitude esthétique, le dandysme fit son apparition au XIXe siècle, en Angleterre mais également en France. Par son élégance raffinée et le soin apporté aux moindres détails, le dandysme représentait avant tout un rejet des conventions sociales de l’époque. George Brummell, figure emblématique du dandysme, également surnommé « Beau Brummell », imposa un style sobre, élégant, et surtout un costume parfaitement taillé.
En France, en revanche, le dandysme repose davantage sur une tournure intellectuelle et littéraire, à l’image de Charles Baudelaire.
Black Dandyism
Le black dandysme apparaît après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis. Les hommes noirs, désormais libres, vont adopter les codes vestimentaires du dandysme européen. Dans ce contexte de lutte contre le racisme, ces hommes s’habillent avec élégance pour revendiquer leur humanité dans une société ségréguée.
En adoptant cette manière de s’habiller, ils se réapproprient l’image de l’homme élégant afin de briser les stéréotypes et d’affirmer leur pouvoir à travers l’image.




Ce style vestimentaire, caractérisé par un costume bien taillé et souvent coloré, s’inspire à la fois des traditions africaines et de la mode occidentale. Les accessoires personnels: canne, chapeau ou broche, viennent distinguer les personnes noires et souligner leur sophistication dans un pays opposé à leur émancipation.
Duke Ellington, géant du jazz, était également connu pour son raffinement vestimentaire ; il utilisait cette élégance pour imposer le respect dans une industrie dominée par les préjugés raciaux.
My music is my personality. My clothes are my armor.
Duke Ellington

Plus récemment, c’est Pharrell Williams qui reprend la cadence. Musicien et styliste, il adopte un dandysme moderne mêlant haute couture, streetwear et cultures africaines. Il démontre ainsi la place de l’homme noir dans la mode, non pas en tant que simple consommateur, mais comme inventeur d’un style, pouvant être perçu comme une déclaration à la diversité.
Le dandysme, c’est plus de 250 ans d’histoire, de luttes politiques, et d’affirmation identitaire. Il redéfinit les normes esthétiques et impose une nouvelle narration, fière et consciente. Héritiers d’une histoire de résistance, les dandys noirs d’aujourd’hui continuent de transformer la mode en un outil de pouvoir, de style et de revendication.
Met Gala 2025 : Tailoring Black style
Le Met gala est un évènement mondain annuel qui collecte des fonds au profit de l’Anna Wintour Costume Center du Metropolitan Museum of Art (Met) de New York. Il marque l’inauguration de l’exposition annuelle de mode de l’Institut du costume.
Le Met Gala 2025 invitait les participants à venir habillés selon le style Tailoring Black Style, à interpréter à leur manière. Cette thématique a donné lieu à une grande diversité de tenues sur le tapis rouge : certains arboraient un costume trois pièces orné de broderies, tandis que d’autres optaient pour des looks extravagants et audacieux.
Le thème, largement inspiré de la mode des années 60 aux États-Unis, elle-même influencée par le dandysme et son idéologie à la fois culturelle, politique et surtout esthétique, a permis de rendre hommage à une époque riche en symboles.
Plusieurs invités ont ébloui le public, non seulement par leur respect du thème, mais aussi par le message fort qu’ils faisaient passer à travers leurs tenues. À l’image de Damson Idris, habillé en Tommy Hilfiger, qui est arrivé en voiture de course, casque à la main, pour révéler un look d’une élégance absolue. Ou encore, celle qui a été désignée comme la reine de la soirée : Teyana Taylor, en Ruth E. Carter. Première à monter les marches, elle a captivé journalistes et téléspectateurs avec une tenue regorgeant de détails liés à l’art du tailoring.
Des looks plus sobres ont également retenu l’attention des observateurs avertis, comme A$AP Rocky en AWGE ou Chance the Rapper en Versace, qui ont misé davantage sur le raffinement des détails que sur l’opulence de la couture.
D’autres, en revanche, n’ont pas su convaincre le public, certains looks étant jugés trop simples ou trop éloignés de l’esprit du thème, comme Tyson Beckford ou même Anne Hathaway. Les internautes ont notamment pointé du doigt le manque d’implication de certains invités, estimant qu’ils n’avaient pas respecté la consigne du gala. C’est le cas de Sydney Sweeney, en Miu Miu, rendait hommage à Kim Novak dans Vertigo, s’inspirant du glamour hollywoodien des années 50. Une référence élégante mais jugée hors sujet, car éloignée de l’héritage culturel et politique du “Tailoring Black Style”. Ou encore Lisa, en Louis Vuitton, au centre d’une polémique : certains internautes pensaient à tort que le visage de Rosa Parks était brodé sur ses sous-vêtements. En réalité, la tenue comprenait un motif abstrait tiré d’une collaboration artistique, sans lien direct avec Rosa Parks, bien que la mauvaise interprétation ait créé un malaise.
Au final, ce Met Gala 2025 a rappelé que le tailoring et le dandysme noir ne sont pas qu’une affaire de style, mais bien un langage, un acte de résistance et d’élégance. Entre respect du thème et interprétations, ce gala a surtout montré que la mode, quand elle est bien portée, peut raconter bien plus qu’une simple histoire de vêtements.
Pour aller plus loin :

Une réflexion sur “Met Gala 2025 : Black dandyism”
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