L’anthropologie judiciaire, une branche de l’anthropologie appliquée au droit

L’anthropologie juridique est une discipline qui n’est pas très connue. J’écris cet article pour pouvoir vous présenter cette branche qui m’intéresse beaucoup depuis un moment, tout en espérant que vous partagerez cet intérêt.  Pour pouvoir comprendre le but de cette branche de l’ethnologie  qui met en commun deux domaines différents, commençons par la définir. 

Anthropologie -du grec ancien « anthrôpos » qui veut dire homme, suivi du suffixe « logos » qui veut dire la science- est une spécialité scientifique qui consiste à étudier la structure et l’histoire de l’espèce humaine dans le temps tout en analysant ses développements. Plus précisément, elle se concentre sur des caractères physiques, anatomiques et biologiques des êtres humains et  s’intéresse également aux aspects sociaux et culturels. Hérodote connu comme “le père de l’histoire” est considéré comme le précurseur de cette étude, grâce à son œuvre intitulée Histoires (ou Enquêtes). Il explique dans cette œuvre les découvertes faites pendant ses voyages. Il décrit les peuples (comme les Lydiens, Perses, Éthiopiens etc.) qu’il rencontre, tout en s’appuyant sur leurs tenues vestimentaires, leur aspect physique, leurs croyances et leur mode de vie ce qui donne une source très importante pour la continuité de l’anthropologie. Ce domaine qui a des liens historiques très anciens est originellement mis en place au XIXe siècle, d’après les grands écrivains Lewis Henry Morgan, Edward Burnett Tylor, Friedrich Ratzel, Leo Frobenius, Bronislaw Malinowski, Ruth Benedict, Margaret Mead, Claude Lévi- Strauss pour n’en citer que quelques noms. Or il faut évoquer également le fait que l’anthropologie peut s’appliquer dans des contextes divers de l’économie à la religion en passant par la culture. Le concept d’anthropologie sur lequel nous tentons de nous appesantir est celui de l’anthropologie judiciaire. 

Tout d’abord, l’anthropologie judiciaire fait partie de l’anthropologie biologique qui s’appuie sur l’étude de la biologie humaine. L’approche se concentre d’abord sur l’analyse des restes squelettiques humains. L’anthropologue judiciaire impose ces méthodes aux situations médico-légales contemporaines. Le médico-légalisme est une spécialité médicale qui s’intéresse à la préparation des certificats médicaux d’une manière légale pour faciliter la découverte de la vérité ou prouver une affaire judiciaire. Nous avons généralement recours à cette spécialité dans le traitement des affaires criminelles. 

L’objectif des anthropologues judicaires est de faire une ostéologie, qui correspond à l’étude de la structure des os, plus précisément celle du squelette humain pour pouvoir faire des estimations sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique, la taille de l’individu, la présence de marques d’un traumatisme pré et/ou post-mortem, le temps écoulé depuis le décès et ainsi de suite. En étudiant les os d’une personne décédée, l’anthropologue judiciaire peut donc déterminer les circonstances de sa mort. L’identification des restes momifiés, décomposés, mutilés, brûlés, altérés par des personnes voulant détruire les preuves, devient possible grâce au travail des anthropologues. 

Si vous avez achevé la lecture de la première partie, c’est que cette discipline vous intéresse. J’aimerais bien vous présenter les métiers que vous pouvez exercer si vous voulez étudier l’anthropologie ou encore l’anthropologie juridique. 

Quel est le profil recherché de l’anthropologue? La maîtrise de certaines compétences est nécessaire : acquérir des connaissances et des compétences liées aux phénomènes socioculturels, biologiques ou à l’étude des civilisations et des sociétés disparues ou contemporaines. Si vous aspirez à devenir anthropologue, vous devez également aimer faire des recherches, démontrer une ouverture au regard des autres disciplines en sciences sociales et savoir utiliser les diverses technologies de l’information liées à l’anthropologie. Un bon anthropologue peut travailler dans un musée, au sein du gouvernement fédéral et provincial ou dans un établissement éducatif en tant qu’enseignant.  

Néanmoins, si vous souhaitez devenir anthropologue judiciaire, vous devez maîtriser des compétences différentes.  A noter que tous les anthropologues judiciaires coopèrent avec les pathologistes judiciaires, des odontologues (des personnes qui étudient l’organe dentaire) et des enquêteurs qui ont pour but de découvrir des traces, des preuves ou la date de la mort.  La plupart travaille sur une base contractuelle pour les bureaux du médecin légiste, un officier de justice qui enquête sur les circonstances des décès, dans les services de police et du système judiciaire. 

L’anthropologie judiciaire est une étude que j’apprécie fortement.  C’était donc un plaisir pour moi de partager ces informations avec vous. Il réunit deux domaines complètement différents mais complémentaires, créant ainsi une nouvelle discipline. L’anthropologie judiciaire a donc un côté scientifique qui peut plaire aux personnes intéressées par les sciences et par le domaine judiciaire, qui peut plaire à des personnes passionnées par les affaires judiciaires ce qui est le cas pour moi. Ce domaine est intrinsèquement lié à la criminologie, sujet qui sera traité dans un prochain article. 

Article mis en page par Batur Hamzaoğulları

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