La pénurie de gaz, une conséquence de la guerre en Ukraine

Quelle est la véritable source du problème ?

La guerre entre l’Ukraine et la Russie a réellement débuté le 20 février 2014, lorsque la Russie a décidé de prendre le contrôle de la Crimée. Elle a annexé cette province, en prétextant que ce territoire lui a appartenu jusqu’en 1954. 

A la suite de deux référendums contestés en 2014, la région du Donbass, notamment les villes de Donetsk et Lougansk, s’était auto-proclamée indépendante. Cela a causé des conflits entre les pro-russes et l’armée ukrainienne. Pour remédier à cette situation, les accords de Minsk ont été signés entre l’Ukraine et la Russie. Ils ont abouti à un cessez-le-feu.

Mais le 21 février 2022, le président de la Russie, Vladimir Poutine, reconnaît les républiques séparatistes de Donetsk et de Louhansk et viole les accords de Minsk. Le président russe affirme craindre le rapprochement de l’Ukraine avec l’OTAN et se sentir menacé. Le 24 février, la Russie envahit donc l’Ukraine.

Pénurie de gaz…

L’Ukraine possède beaucoup de mines, de terres fertiles qui lui permettent d’avoir une agriculture importante. Ce pays a également  une position stratégique. Il est le point de passage pour le gaz russe.

Cette guerre a donc des répercussions sur les économies européennes, entre autres pays, par le biais d’une difficulté de s’approvisionner, en raison également des sanctions décidées par l’Union européenne contre l’agresseur russe : la difficulté à s’approvisionner en gaz, en raison des sanctions décidées par l’Union européenne contre l’agresseur russe, entraîne une hausse des prix, menant à une pénurie de gaz en France et surtout en Allemagne, plus dépendante à l’égard du gaz russe.

… en France

La Russie était le deuxième fournisseur de gaz en France ; en effet,  le gaz russe représentait 17 % des importations françaises. Désormais, une réduction de la consommation du gaz est imposée par le gouvernement pour éviter un « black out » durant l’hiver. 

Dès janvier 2022, l’installation de nouvelles chaudières de chauffage au gaz sera interdit dans les constructions nouvelles avec la nouvelle réglementation énergétique RE2020. L’ensemble des tarifs réglementés de gaz naturel sera également supprimé le 1er juillet 2023. 

Néanmoins, la France n’aurait peut-être pas beaucoup de problèmes d’approvisionnement en gaz, sachant que les réserves ont déjà été remplies à 94,2 %.

… en Allemagne

La situation en Allemagne semble différente : la  part du gaz russe était de 37 % en Allemagne. L’objectif allemand est désormais de remplir les réserves jusqu’à 95 % d’ici à novembre. 27 centrales à charbon ont été autorisées à reprendre leur production. Une centrale thermique a rouvert, celle de Mehrum, mais on y constate un  manque de main d’œuvre. Les Allemands sont également limités par la capacité insuffisante du transport ferroviaire de charbon. Le gouvernement d’Olaf Scholz avait promis d’arrêter le charbon d’ici 2030. Néanmoins, la crise ukrainienne complique la situation. Elle cause un retour en arrière sur la politique de transition énergétique. 

Par ailleurs, l’Autriche et les Pays-Bas ont aussi levé les restrictions de production électrique au charbon et ont redémarré des centrales à charbon.

… en Turquie ?

En revanche, la Turquie n’aura pas de tels problèmes. Le président russe a annoncé, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Samarcande, que la Turquie est un « partenaire fiable ». Il y livrera donc du gaz naturel dont 25% sera payée en roubles. 


Sources :

La crainte d’une pénurie de gaz en France s’éloigne, mais la vigilance reste de mise

Pénurie de gaz : l’Allemagne repousse sa sortie du charbon

Gaz russe coupé : comme l’Allemagne et l’Autriche, les Pays-Bas reviennent au charbon

La Turquie commande du gaz à la Russie, dont le quart sera payé en roubles

Article mis en page par Batur Hamzaoğulları

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