L’influence française sur l’éducation en Turquie

NDLR : Article d'archive remis en ligne (cf. Crescendo no.7, Mai 2022 "La France à Istanbul, une présence durable")

Depuis la première interaction de la nation turque avec l’Occident, la France et la culture française ont toujours été influentes. Les traces de cette interaction sont bien perceptibles dans le monde professionnel, notamment dans le domaine de l’éducation où l’apport de la France est important. Avec l’arrivée d’importants éducateurs en Turquie, des innovations ont été ajoutées à l’éducation ottomane de l’époque. Présenter les apports de l’Occident à la Turquie dans l’éducation nous fait immanquablement croiser le nom de la France dans l’histoire de l’éducation en Turquie. 

Alors que nous nous intéressons à cette influence de la France, quelques personnalités importantes se détachent. Ces éducateurs sont des personnalités éminentes qui ont consacré leur vie à l’éducation, venant dans l’Empire ottoman pour contribuer à l’éducation et jetant les bases de leurs institutions. 

« Pourquoi ces éducateurs français sont-ils venus apporter leur soutien aux réformes dans l’éducation ottomane ? » On peut effectivement se poser la question. Les raisons du rapprochement de la France avec l’Empire ottoman sont évidentes. Le fait que des États étrangers aient des établissements d’enseignement dans un pays est une évolution positive pour certains segments de la société et une évolution négative pour d’autres. Pour les Ottomans, bien sûr, cette situation peut créer des situations indésirables du point de vue de leur indépendance, mais nous ne devons pas oublier que les institutions éducatives modernes, profondément enracinées en Turquie, sont basées en France. Ces écoles, qui reposent sur des bases solides, ont également inspiré des établissements d’enseignement qui ne sont pas d’origine étrangère, comme les lycées anatoliens et les lycées scientifiques. 

Ci-dessus, j’ai expliqué pourquoi les États étrangers, en particulier la France, considéraient l’Empire ottoman comme un État idéal pour ouvrir des établissements d’enseignement. Maintenant, nous devons comprendre comment ceux-ci sont venus jusqu’à nos jours et pourquoi ils ont réussi. 

Tout d’abord, avoir une éducation dans une institution bien établie signifie que l’étudiant grandira avec un héritage et apprendra la science des générations précédentes en tant qu’héritage. Cela signifie grandir avec des Principes. Plus important encore, lorsque la personnalité d’une personne se forme, avoir des principes et des règles auxquels elle ne renoncera pas garantit la stabilité de cette personne. C’est la valeur la plus importante fournie par les écoles bien établies que nous avons mentionnées.

Le Lycée Saint Joseph d’Istanbul à Moda

Deuxièmement, ce sont des institutions qui ont une très bonne compréhension de la façon d’enseigner un cours ou une matière, que ce soit la science ou la littérature, grâce à des années d’expérience. Dans le cours, non seulement des conférences sont organisées, mais l’intérêt de l’étudiant est également sollicité afin que l’étudiant puisse se découvrir et découvrir ses domaines d’intérêt. Ce que nous comprendrons, c’est que lors de l’enseignement d’une leçon, le but principal ici n’est pas que l’étudiant la comprenne, mais que l’étudiant soit un peu plus près de se connaître à travers cette leçon. Avec cette particularité, les écoles étrangères emmenées par la France reviennent sur le devant de la scène car l’investissement réalisé ici est pour l’élève lui-même, sans qu’il mémorise simplement et oublie une information la journée passée. 

Selon cette compréhension de l’éducation, nous ne considérons pas un établissement d’enseignement comme un lieu où seule la connaissance est enseignée. Un autre message que les écoles françaises veulent nous transmettre est que l’école est en fait un lieu où se forment des liens pour la vie et où s’apprennent les subtilités de la vie sociale. La principale raison pour laquelle de nombreuses écoles françaises attachent de l’importance aux activités sociales est l’effort pour maintenir cette idée vivante. Ce point de vue ne définit pas l’élève uniquement comme un individu qui vient en classe. Au contraire, il prend l’élève dans sa globalité et lui offre toutes les opportunités dont il dispose pour s’investir dans tous les aspects de sa vie. L’un des héritages de l’éducation française est de considérer l’élève de manière polyvalente. Il ne faut pas oublier qu’un étudiant est un être humain, un individu social, et que le seul domaine dans lequel il peut évoluer ne doit pas se limiter aux cours.

En résumé, la valeur la plus importante que les écoles françaises laissent au système éducatif turc est que l’investissement dans les élèves est une priorité. Selon cette valeur que nous avons mentionnée, l’institution éducative n’est pas seulement un environnement où l’information est apprise, penser ainsi ne peut pas aller au-delà d’une réflexion superficielle sur l’éducation. L’étudiant est invité à se construire sur un principe. Avoir des principes signifie que peu importe ce avec quoi il lutte dans sa vie, il ne s’effondrera jamais et sera un individu avec une fondation solide. Le fait que l’élève ait des principes lui permet aussi de se découvrir à travers les cours, il voit les cours comme un outil pour atteindre son objectif. Un élève qui s’investit ne se limite jamais à la leçon, il ne voit pas l’école uniquement comme un lieu où se déroulent les cours, mais voit la vie comme un « foyer » où il va vivre, apprendre et se préparer à la vie. En bref, cette approche éducative dans laquelle les sentiments de l’élève sont au centre est la plus grande valeur que l’école française nous ait apportée et ait survécu jusqu’à nos jours.

Ali Rıza Sasani
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Ali Rıza est élève au Lycée Saint-Joseph d'Istanbul et a contribué exceptionnellement à notre dossier sur la présence française à Istanbul.

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