Figure emblématique du style Grunge, fondateur du groupe Nirvana, mari et père, Kurt Cobain aura marqué nombre de personnes au cours de sa tumultueuse ascension vers la célébrité. Cette surexposition l’aurait-elle menée à sa perte ou bien sont-ce les conséquences d’une vie marquée par nombre de traumatismes qui eurent raison de lui ? Découvrons ses premiers succès et l’ampleur de son addiction…
NIRVANA
Nirvana : cette idée vient de Kurt qui était à ce moment-là passionné par le bouddhisme. Dans cette religion, le Nirvana, c’est tout simplement le moment de sérénité ultime chez un bouddhiste, cette sérénité qu’il atteint en renonçant à tous les désirs humains. Kurt va ainsi renoncer à tous ses désirs pour la musique.
A leur tout premier concert dans l’Underground, tout le monde comprend que Kurt crée quelque chose de très gros, plus gros que tout ce qu’on aurait pu imaginer. Tout se déroule comme il l’avait imaginé : les paroles sonnent juste, la foule danse, tout le monde est réceptif, on l’invite à jouer dans un autre bar, puis dans une salle, tout roule. Mais comme à chaque fois que quelque chose va bien, un autre facteur doit venir s’ajouter.
Kurt a mal, pas mentalement mais physiquement cette fois : son estomac lui fait mal depuis plusieurs mois et la douleur est si intense qu’il pense même mettre fin à ses jours encore. Il consulte nombre de médecins mais aucun ne peut réellement le diagnostiquer et poser un nom sur son problème. Ses douleurs continuant d’augmenter, Kurt décide de s’auto-diagnostiquer. Ce genre de pratique ne finit généralement pas bien. Au début, il décide de manger au minimum 10 yaourts par jour pour calmer ses douleurs mais cela ne fonctionne pas ; il teste d’autres choses jusqu’à tomber sur la solution qui le soulage, l’héroïne. Cette drogue dure est la seule chose qui l’aide à calmer ses horribles douleurs mais en même temps le plonge de manière addictive petit à petit dans un cercle vicieux. Pour Kurt qui essayait de se débarrasser de ses problèmes mentaux et de ses angoisses, c’est maintenant à son corps de le lâcher.
La musique est la seule force qui le retient de lâcher prise. Nous remarquons cette contradiction dans la moitié de ses chansons. Au même moment, Tracy largue Kurt : une histoire qu’il pensait réelle prend fin subitement. Comme dans tous les moments forts en émotions de sa vie, nous arrivons à un moment clé.
1er album : BLEACH
Même si la vie de Kurt est chaotique, celle de Nirvana va de mieux en mieux. A force de donner des mini concerts dans tous les bars de Seattle, il vont se faire remarquer par une maison de disques, la Sub-Pop, un label phare du milieu Punk Rock. Grâce à ça, ils vont pouvoir enregistrer leur premier single de manière professionnelle : “Love Buzz” de Shocking Blue. Cette reprise est un carton pour le groupe, ce qui va leur permettre de se faire connaître dans le milieu musical.
Grâce à ce franc succès, le label propose au groupe d’enregistrer un EP (“Extended Play”), ce que le groupe refuse. Kurt fait de la musique depuis 6 ans et se sent prêt à se lancer : il veut créer son tout premier album, ce que le label accepte finalement. La recette pour concocter cet album est donc : 600$, 30 heures de studio et une petite pincée de génie.
Le nom de l’album sera “Bleach” et, pour les sonorités, il s’étend du Punk jusqu’à la Pop. Pour un premier album, le label aurait été content avec 1000 ventes, mais Nirvana comptabilise 40.000 ventes au total, et ce avec un succès critique plutôt appréciable. Après toutes les épreuves que Kurt a connues, il peut enfin empocher son premier chèque venant de la musique : 3000$. Il paye tout d’abord ses loyers en retard, puis dépense ce qui lui reste dans une console de jeux Nintendo, une caméra, des répliques d’armes, du faux vomi et des fausses mains découpées. Le groupe jouit également d’une petite communauté de fans à l’international, ce qui va leur permettre de faire une tournée en Europe. Pendant cette tournée apparaît une contradiction assez étonnante chez Kurt : lui qui n’hésite pas à inhaler tout produit nocif à la santé, est effrayé d’avoir un accident de la route. Eh oui ! Notre cher Kurt conduit comme une vieille mamie sur la route…
2e album : NEVERMIND
Kurt se fait enfin connaître dans le milieu musical, son groupe connaît un franc succès. Alors tout devrait aller, non ? Pas vraiment : la critique affecte beaucoup Kurt, ça l’agace énormément. Pas le fait que des personnes apprécient sa musique mais plutôt le fait qu’on les mette en gros titres en disant que cela va être “le groupe qui va tout changer”. Kurt qui, durant toute sa vie, était rejeté par les personnes qui étaient supposées l’aimer, de recevoir cet amour d’un seul coup comme ça le met extrêmement mal à l’aise. Parce que pour Kurt et ses amis qui viennent de l’Underground, une seule règle est importante : si votre musique est trop populaire c’est que la musique est ringarde. Donc, tous les membres du groupe ont fait un pacte : si un jour leur musique devient trop populaire, ils se sont juré de saboter entièrement leur carrière… A ce même moment, ils commencent à se concentrer sur leur 2ème album qu’ils comptent nommer “Sheep” pour se moquer des personnes qui l’achètent en insinuant que ce sont des moutons qui suivent la critique et ne vont pas chercher dans les tréfonds des registres comme le veut l’esprit punk.
A cause d’histoires diverses Kurt va virer le batteur du groupe puis va faire la connaissance de Dave Grohl, un autre ami qu’il vient de rencontrer et qui deviendra rapidement le nouveau batteur du groupe, beaucoup trop fort au sens propre du terme.
Mais Kurt va surtout faire la rencontre de Tobi, une chanteuse de groupe punk qui va énormément l’’inspirer sur le féminisme, et qui le poussera tout au long de sa carrière à devenir un fervent défenseur des droits des femmes.
“And I ended up hanging out with girls a lot. And I just always felt that they weren’t treated with respect. Especially because women are just totally oppressed. I mean the words “cunt” and “bitch” were totally common. Although I listened to Aerosmith and Led Zeppelin, and I really did enjoy some of the melodies they’d written, it took me so many years to realise that they had a lot to do with sexism.” Kurt Cobain
Au point de monter en jupe sur scène pour ennuyer les médias qui à l’époque étaient totalement contre cela. Sauf que Tobi va lui briser en mille morceaux le cœur en seulement 6 mois de relation. Et souvent, lorsqu’on sort d’une relation, on ressort avec un état d’esprit différent : c’est de cet état d’esprit que Kurt va s’inspirer pour écrire une grande partie des chansons du deuxième album du groupe qu’il n’appellera finalement pas “Sheep” mais “NEVERMIND”. Sub Pop est motivé pour sortir cet album le plus rapidement possible et en même temps tous les médias s’approprient le groupe Nirvana en le mettant en Une des journaux. Kurt comprend qu’ils ont rapidement besoin de passer au niveau supérieur : ils laissent Sub Pop pour signer chez une autre maison de disque, DGC Records, qui va racheter leur contrat. Ce nouveau label leur promet de gros moyens et une liberté artistique totale : le groupe venant des fins fonds des bars va aujourd’hui conquérir l’Amérique.
Le groupe s’enferme dans un studio pendant des heures à composer des chansons en s’inspirant des Beatles, le groupe préféré de Kurt depuis très longtemps, mais avec des paroles très sombres s’inspirant de l’esprit tordu de Kurt. Et c’est cette contradiction entre la sonorité Pop et les paroles Punk qui va réellement donner cette touche de nouveauté à Nirvana.
Prenons par exemple la chanson Lithium, qui parle d’un médicament permettant de soigner les troubles de bipolarité, qui est écrite sur un rythme de musique sur lequel tu peux danser sans problème.
Et c’est de cette thématique que va naître le mythique album “NEVERMIND” qui contiendra des chansons cultes comme : “Come as you are”, “Lithium”, “Something in the way” et bien sûr…
Personne ne pensait que ce titre connaîtrait un avenir aussi grand. Kurt a dû convaincre le reste de l’équipe pendant des jours de garder le son sur l’album, alors que tout le monde le détestait à ne plus pouvoir l’écouter. Et ce fut l’une des meilleures décisions de sa vie. Son ingé-son, réellement pas convaincu, lui promet de garder le son à une seule condition : que Kurt double sa voix au refrain, en ajoutant des chœurs de Dave, pour rendre le refrain plus fort et envoûtant. Kurt ne voulait pas le faire au départ mais est finalement convaincu car John Lennon, son idole à vie, le faisait. En réalité, John Lennon lui-même détestait doubler sa voix, trouvant cela ridicule. Après avoir réalisé le premier mix de l’album, tout le groupe va se rassembler pour l’écouter une fois, puis deux, puis trois. Tout le monde est bouche bée d’avoir créé un tel monstre.
Maintenant l’objectif est de garder le groupe soudé pour enregistrer les clips, faire les promos et aller en concert : dans cet état d’esprit, le label estime pouvoir vendre plus de 500.000 albums. Kurt, lui, pense que vendre 500.000 albums, c’est avoir 500.000 bonnes raisons de ne plus se soucier de l’avenir.
“I never wanted to sing. I just wanted to play rhythm guitar, hide in the back and just play.” Kurt Cobain.
Pour se préparer à la sortie de l’album, le groupe organise un petit concert de 500 personnes pour avoir un avis réel en live.
Le groupe a joué tous les morceaux de l’album et Kurt, qui avait peur de sonner trop Pop, était ravi de constater que la foule était enjouée comme il le voulait. Et ce même soir, Kurt aura la “merveilleuse” idée de proposer à ce formidable public de participer à leur clip vidéo. Je vous laisse imaginer ce à quoi un groupe de punk totalement sous stupéfiant, tournant un clip avec des fans, devrait ressembler : un fiasco total. Lorsque vous mettez des centaines de fans devenus figurants s’ennuyer [ça dure longtemps le tournage d’un clip] dans un même espace, ça risque de dégénérer très rapidement et c’est ce qui c’est passé. En effet, toutes les images que vous voyez dans le clip, où ils se montent sur les épaules, cassent des guitares et batteries, se battent etc. sont totalement improvisées… A aucun moment, personne n’avait prévu que le public se déchaîne et c’est ça qui rend ce clip aussi authentique.
Le 27 août 1991, les titres de l’album passent dans les radios du pays, mais les diffuseurs hésitent toujours à les passer : ils ne comprennent pas les paroles de Kurt, pas parce qu’elles sont trop difficiles, mais parce que Kurt marmonne. Mais lorsque l’album sort enfin le 24 septembre, il détruit tout sur son passage. En deux semaines, il se hisse en haut de tous les charts, ce que très peu de groupes ont réussi à faire, et dans la foulée ils sortent le fameux clip désastreux, qui va même réussir à passer sur la chaîne de télévision spécialisée dans les clips MTV grâce à des employés qui sont prêts à faire la grève au sein même de la chaîne si on ne le passe pas. En fait, la direction de MTV n’a pas réellement de problème pour passer le clip, le seul problème c’est qu’ils ne comprennent rien aux paroles, comme à la radio. Alors, pour la première fois de leur histoire, ils imposent au groupe de sous-titrer leur clip ! Écoutez, cela marche ou plutôt ça cartonne tellement fort que le clip passe plus de 20 fois par jour sur MTV pendant plus de 9 semaines… A cette époque, tous les jeunes regardant ce clip s’identifient rapidement au style punk, c’est un tout nouveau départ pour cette génération. Kurt, tellement ému, va envoyer à chaque figurant du clip un album dédicacé avec un petit mot stipulant :
“Merci à tous pour votre participation au tournage. Juste pour information, les fumigènes qu’on a respiré sont cancérigènes. Désolé. Kurt Cobain”
Le groupe repart encore une fois en tournée, les ventes d’album explosent au fur et à mesure des concerts : il s’en vend 100.000 à San Diego, 200.000 lors de leur passage à Los Angeles, puis il remporte le disque d’or avec plus de 500.000 ventes. L’album est un énorme choc culturel pour le monde de la musique, envoyant Kurt et son groupe encore plus devant la lumière des projecteurs. Mais lui, au fond, n’est qu’un amateur de musique : pendant les festivals, il se maquille et porte des perruques pour passer inaperçu dans la foule en s’extasiant car c’est ça l’esprit punk.
Comme d’habitude Kurt déteste cette surexposition : il voit passer son clip pendant 9 semaines consécutives, et pour lui cela signifie être devenu un produit de consommation ultime, ce qui est la chose la moins Punk possible. Cette succession d’événements les poussant sur le devant de la scène va traumatiser chacun à leur manière les trois membres du groupe, une telle poussée de célébrité n’est pas normale, qu’importe le style musical. Christ va se plonger dans une addiction dangereuse à l’alcool, Kurt va augmenter considérablement sa consommation d’héroïne, tandis que Dave le vit à sa manière en cassant tout. Nous voyons désormais sur scène un Kurt exténué et fatigué par toute cette situation, pas à cause des concerts mais à cause des médias, de la surmédiatisation qui le rend fou et des interviews qui l’ennuient.
La femme de sa vie
Mais dans toute cette noirceur qui l’entoure, il ne trouvera qu’une seule lumière : j’ai nommé Courtney Love, la guitariste et chanteuse du groupe Hole. Pour Kurt, Courtney va devenir la femme de sa vie, grande icone du Punk et figure emblématique du féminisme.
Tous les deux sont des personnes venant du même univers : ils sont tous les deux originaires d’une famille brisée et tous deux rêvent de fonder une famille aimante et solide. Dès le départ, tout va trop bien entre eux en vivant le grand amour, mais ça va un peu trop bien. Ils sont trop compatibles, tellement compatibles qu’ils sont tous les deux accro à l’héroïne et qu’ils parlent très souvent du fait que, quand ils étaient jeunes, on les avait tous deux contraint à un traitement à la ritaline, très drôle de coïncidence. D’après Courtney, elle et Kurt seraient allés pour un premier rencard dans un parc afin de s’injecter de l’héroïne. Kurt aurait aperçu un pigeon mort dans l’allée, l’aurait ramassé et aurait arraché trois plumes : une pour lui, une pour Courtney et une pour l’enfant qu’il auront ensemble. Kurt à ce moment là est en tournée et va totalement l’annuler pour passer du temps avec Courtney.
Kurt était épuisé par la médiatisation, il voulait désormais vivre une vie tranquille avec sa copine et se défoncer à l’héroïne. Kurt le petit garçon en manque d’amour depuis son enfance, désormais fuit l’amour du public qu’il trouve totalement artificiel. A partir de ce moment-là, Kurt passe sa journée avec Courtney à jouer de la guitare, à se droguer et à peindre. Même si ce n’est pas un schéma quotidien parfait, cela convient tout à fait à Courtney qui est sur la même longueur d’onde. Et en même pas un an de relation, tout comme ses parents, Kurt épouse Courtney, venant même en pyjama à la cérémonie.
Même si tout a l’air de très bien se passer pour ces deux-là, les médias n’arrêtent pas de les harceler, article après article, allant même jusqu’à fouiller leurs poubelles à la recherche de seringues ou toute substance illégale pour les dénigrer. Leur but est de décrire Courtney et Kurt comme le couple de toxicos perdus, au comportement destructeur, influençant les enfants à aller dans le mauvais chemin.
Kurt, déjà dégoûté par les médias à ce moment-là, va désormais s’en rendre malade : plus ils écriront d’articles tordus sur sa famille, et plus il augmentera sa consommation d’héroïne par jour… A ce stade, l’obsession morbide de Kurt va atteindre son paroxysme : par exemple, pendant deux jours consécutifs, Kurt aurait regardé en boucle sur son magnétoscope un extrait d’une vidéo où un présentateur télé américain se tire une balle en live. Courtney, s’inquiétant de plus en plus pour son époux, demande à ce dernier ce qu’il voudrait faire plus tard. Kurt répond simplement : faire quelques millions de dollars de plus et vivre comme un junkie pour le restant de sa vie. Il ne mentionne ni la gloire, ni l’amour qu’il voudrait recevoir de son public. Kurt ne rêve plus de rien, sauf de son prochain shoot d’héroïne…
Sa consommation devient désormais très sérieuse, pouvant aller jusqu’à dépenser 400$ par jour. Ses proches s’inquiètent de plus en plus de son état mental et physique : Kurt les rassure en leur disant que ce n’est pas l’héroïne qui le tuera mais une balle dans la tête… C’est dans ce contexte très chaotique que nos deux tourtereaux vont tenter une nouvelle aventure, celle d’avoir un enfant. Le 18 août 1992, Kurt et Courtney accueillent dans leur foyer la petite Frances Bean Cobain. Elle va être le réel rayon de soleil dont Kurt avait besoin dans sa vie, et il fera tout pour qu’elle ait la meilleure vie que lui aurait aimé avoir étant enfant : des parents aimants et un foyer uni.
Mais, peu de temps après l’accouchement, ils reçoivent le texte d’un article du magazine Vanity Fair qui doit sortir très prochainement, parlant de Courtney, se focalisant énormément sur son groupe de musique, son histoire d’amour avec Kurt et sa consommation de cocaïne.
Les auteurs de l’article appuient énormément sur le fait que Kourtney a pris une quantité phénoménale d’héroïne lors de sa grossesse, ce qui est malheureusement vrai, ce qui peut avoir un effet désastreux sur la santé de son bébé. Heureusement, Frances s’en est sortie sans séquelles. Pour le couple, c’est un choc absolu. Dès le lendemain, Kurt revient dans la chambre d’hôpital avec une arme, en rappelant à Courtney leur promesse : si un jour ils perdent la garde de leur enfant, ils se tueront tous les deux car Kurt sait très bien qu’avec les révélations d’un tel article, les services sociaux ne les laisseront pas en paix. Courtney, dans un élan de lucidité, prend l’arme des mains de Kurt en lui disant qu’elle se tuera en premier. Dès l’objet récupéré, elle crie très fort pour appeler un ami au secours : ce jour-là, personne ne mourra. Courtney, étant aussi effrayée par cet article, ne perd pas son sang froid car tout ce qu’elle veut c’est garder Frances après tout ce qu’ils ont vécu, suite à leur promesse de créer un foyer solide et aimant.
Évidemment il ne garderont pas le bébe : l’article sort quelques jours plus tard et un juge pour enfant force le couple à confier Frances à une nounou de leur choix. Ils devront régulièrement se faire dépister pendant des mois pour contrôler leur sobriété et ainsi avoir une chance de récupérer leur ange. Et étonnement, ça marche. Tous deux reprennent sans vagues leurs carrières respectives : Kurt s’envole pour le Reading festival en Angleterre. Tout sauf bête, pour se moquer des médias qui le détestent déjà assez et qui sont persuadés qu’il sera trop défoncé pour jouer, il apparaît sur scène dans une blouse médicale sur un fauteuil roulant et s’effondre dès la fin de ses chansons. Ce jour, NIRVANA donnera peut-être une des plus remarquables prestations de sa carrière.
Après deux mois sans aucune répétition, le groupe joue au total 25 de leurs chansons devant une foule en délire. Kurt, en grand romantique qu’il est, demande à son public de hurler “Courtney, on t’aime !” par peur qu’elle se fasse détester par les médias. Et la chose qui est la plus folle dans tout ça, c’est que cette performance mythique a été réalisée avec un Kurt totalement sobre, démontrant tout ce qu’il est prêt à sacrifier dans l’unique but de récupérer sa fille. Mais le problème dans tout ça, c’est que Kurt déteste monter sobre sur scène, le bruit des cris, la lumière aveuglante des flash l’ennuie. Vous avez compris après avoir lu jusqu’ici que Kurt va alors enchaîner les shows catastrophiques.
3e album : IN UTERO
Après tout les efforts que le couple a fait, il récupère enfin sa petite Frances. Kurt est aux anges et a l’impression de revivre sa naissance. On pourrait espérer que Kurt arrête la drogue pour de bon mais, quelques semaines après, les secours reçoivent un appel de la maison des Cobain : Kurt est en pleine overdose, il a repris goût à l’héroïne. Même s’il n’a plus aucune passion pour la carrière musicale et la célébrité, son amour pour la composition est toujours bel et bien présent, avec toutefois la nuance qu’il doit être défoncé pour écrire… C’est dans ces conditions que le groupe va écrire son dernier album, IN UTERO, cette fois en respectant totalement les codes de l’Underground : des sonorités brutes, agressives, très loin de NEVERMIND et de son côté pop. Ils ne veulent plus faire un album à hit mais quelque chose de plus rock, quelque chose d’inécoutable, tellement horrible qu’ils perdront leur popularité et leur public : leur volonté de saboter leur carrière musicale était bien réelle. Mais, même s’ils font tout pour se nuire, ils restent des génies musicaux donc ratent cette tentative.
Évidemment, c’est beaucoup plus sombre, le style pop a totalement disparu, tout tourne autour des pensées morbides de Kurt mais ils ont quand même réussi à créer un chef d’œuvre.
Ils ne réussissent pas à saboter leur musique. Ce n’est pas un problème pour eux : ils sabotent alors la promo. En dépit d’aucun effort fait pour leur promo, ceci n’empêche pas IN UTERO de se hisser dans le top des charts pour autant. Les fans sont plutôt heureux de ce nouvel album, ce qui casse les pieds du groupe. La raison principale, c’est la popularisation du genre Punk dans l’industrie musicale : ils auraient pu faire un album médiocre, la critique les aurait quand même taxé de génies. Il y a même des extraits d’enregistrements live où ils font tout pour saboter leur musique car ils ne prennent désormais plus aucun plaisir à cela.
Et le problème, c’est qu’ils sont tellement idolâtrés que tout ce qu’ils disent est interprété comme une blague…
Pendant ce temps-là, à la maison, Courtney essaye réellement de se défaire de son addiction, ce qui est une tâche très compliquée devant un Kurt qui consomme de l’héroïne en permanence. Pour pouvoir profiter d’en consommer tout seul à la maison, un souci en cachant un autre, Kurt incite même Courtney à s’inscrire à des clubs de thérapie comme les “narcotics anonymous”. Dans ce contexte, la tragédie rôde…
Mise en page par Eren Koseoglu
