Les investissements français en Turquie

NDLR : Article d'archive remis en ligne (cf. Crescendo no.7, Mai 2022 "La France à Istanbul, une présence durable")

La Turquie a suivi différents modèles de politique économique depuis sa création. Mais il y a un point commun entre ces modèles d’économie, elle a toujours gardé une certaine distance envers les investissements étrangers. Cependant, elle commence à baisser sa garde depuis les 20 dernières années afin de réduire le taux du chômage et les problèmes économiques, notamment ces 10 dernières années. Quand on examine les pays investisseurs, un pays est très important : les Pays-Bas. Depuis 2003, les Pays-Bas sont les plus grands investisseurs de la Turquie. Les investissements des Pays-Bas, des Etats-Unis et L’Angleterre représentent un tiers des investissements totaux. Mais dans le top dix, il y a six pays européens et ça veut dire que la plupart des investissements en Turquie viennent d’Europe. En 18 ans, 120,1 milliards de dollars d’investissements sont venus d’Europe, 29 milliards de dollars d’Asie et 14,3 milliards de dollars d’Amérique. Et dans le top dix, on voit l’Autriche, l’Allemagne, le Luxembourg, L’Espagne, La Belgique et enfin la France pour les pays européens.

Les pays européens investissent dans de nombreux domaines différents en Turquie. Ces domaines sont principalement l’industrie, la finance, l’énergie et le transport. Quand on observe particulièrement les domaines où investit la France, ce sont l’automobile, la finance, le textile, l’énergie et l’industrie pharmaceutique. En fait, il y a beaucoup d’ entreprises françaises en Turquie. Par exemple, on voit beaucoup de marques d’automobiles dans la vie quotidienne : Renault, Citroën, Peugeot sont des marques françaises dont les automobiles sont fabriquées en Turquie. C’est pourquoi elles jouent un rôle plus important pour la Turquie. Il n’y a pas seulement les marques automobiles, il y a également de grands investisseurs dans le secteur financier. En 2005, TEB, l’une des plus grandes banques turques s’est associée à la BNP et elle a commencé à recevoir des investissements venant de France. Carrefour est aussi l’un des plus grands investisseurs en Turquie avec ses 10.500 employés. Quand on examine le nombre de personnes employées dans les entreprises issues d’investissements français, on peut comprendre l’importance de ces investissements pour la population active turque.

On sait que la France va continuer à faire des investissements en Turquie. Fin septembre 2021, à la réunion de la Commission mixte d’économie et de commerce Turquie-France (JETCO), le ministre français du Commerce extérieur et de l’Investissement, Franck Riester, a rappelé que 450 entreprises françaises sont installées en Turquie affirmant que “ces entreprises ont réalisé des investissements de 5 milliards d’euros entre 2014 et 2019.” Il a souligné que la performance du JETCO est un indicateur de la nouvelle dynamique de partenariat dans les relations commerciales et économiques entre la Turquie et la France. Il a en outre noté que les réunions auxquelles il a assisté ont pointé de nombreux indices d’accélération à la fois du commerce bilatéral et des investissements d’avenir et d’ajouter : « Nous pouvons poursuivre ces coopérations dans de nombreux secteurs. Ce sont des secteurs durables. Divers investissements et activités commerciales dans les domaines de l’environnement, les énergies renouvelables, les transports, les transports publics, la santé, l’agriculture et la production alimentaire. L’un des domaines importants de cette coopération est les nouvelles technologies. De nombreuses entreprises françaises investissent dans la R&D [Recherche et Développement], notamment en mettant en place des coopérations avec les centres de recherche des universités. Ainsi, nous pouvons mesurer les dynamiques des nouvelles technologies. » Au travers de cette réunion on peut comprendre que la relation économique entre la Turquie et la France continuera. 

La ligne de tramway de la Corne d’or financée en partie par l’Agence française du développement.

Les effets des investissements français en Turquie sur la croissance, l’emploi et la compétitivité de la France apparaissent au total plutôt positifs. La Turquie est rarement un pays de délocalisation. De fait, il n’y a que très peu d’effet de substitution avec l’emploi en France. 

Les motivations des entreprises françaises pour une implantation en Turquie, telles qu’elles ressortent des enquêtes menées notamment auprès des Conseillers du Commerce Extérieur de la France en Turquie, sont les suivantes :

● Profiter d’un marché intérieur dense et dynamique (82 millions d’habitants) ;

● Bénéficier d’une main d’oeuvre qualifiée et flexible ;

● Surmonter les obstacles à l’importation (malgré l’Union Douanière) ;

● Recherche de complémentarités avec un secteur privé local diversifié et solide

(conglomérats puissants, entreprises de BTP très compétitives) ;

● Profiter de son statut de plateforme régionale stratégique et de porte d’entrée pour le

Moyen-Orient, le sud-Caucase et l’Asie centrale ;

● Améliorer la compétitivité globale de l’entreprise et limiter les coûts.

Bref, les relations entre les deux pays progressent bien et les deux parties en profitent. Au fur et à mesure que ces bonnes relations progresseront, les deux pays continueront d’être positivement affectés et feront des progrès. De plus, si ces investissements peuvent être évalués correctement et logiquement, ils peuvent aider à résoudre le chômage et les problèmes économiques en Turquie comme en France. 

Can Özkaya
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Can Özkaya est élève au Lycée Saint Michel et a contribué exceptionnellement à notre dossier sur la présence française à Istanbul.

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