Terra Nostra : la 1e edition des DJF@IST

Le 30 mars 2022, le Lycée français Pierre Loti a organisé une journée de débats sur l’environnement dans la salle de spectacle de l’Institut français de Turquie situé à Taksim avec la participation de six écoles francophones d’Istanbul. Dénommée Terra Nostra, ce qui en latin signifie “Notre Terre”, elle a constitué la 1e édition des Débats des jeunes francophones @Istanbul dans un format inédit où les élèves étaient non seulement les organisateurs mais également les seuls en scène à débattre. Ce n’est que dans la phase de préparation que des professeurs nous ont encadrés et entraînés. Dans cette organisation où les lycéens participants ont préparé des présentations et où les modérateurs ont créé une atmosphère intéractive avec le public -dont les éco-délégués lycéens de Pierre Loti et des délégations des lycées francophones-, de nombreux élèves ont eu l’occasion de mieux connaître notre monde et les énergies que nous utilisons dans notre vie quotidienne mais aussi les énergies qui sont utilisées pour la production de nombreux objets. 

La journée était organisée en trois tables-rondes avec six participants et un modérateur chacune. L’équipe de lycéens du Lycée Pierre Loti qui a relevé le défi d’organiser cette première édition en moins d’un mois, et l’ensemble des élèves participants des lycées francophones, a eu des retours très positifs de la part des professeurs, des personnels de direction et des consuls généraux y participant. Après près de deux ans de fermeture des écoles et d’éducation à distance, nous n’avions pas eu l’occasion d’avoir une interaction avec les autres écoles et de rencontrer de nouvelles personnes : c’était clairement un événement dont nous avions besoin et qui nous a permis de développer de nouvelles amitiés.

Le Consul général de France à Istanbul, M. Gauvin, le Consul Général de Suisse, M. Thöni, notre proviseur, M. Colombel, et le Vice-président du Conseil de vie lycéenne (CVL) du Lycée Pierre Loti, Baran Aksoy, ont fait des discours pour accueillir, mobiliser et partager leurs pensées avec la salle remplie de plus d’une centaine de personnes. Après la cérémonie d’ouverture, sous la modération de Dylan Akan, a eu lieu la table-ronde portant sur la problématique “L’eau en Turquie, une ressource à protéger”. Durant celle-ci, nous avons pu comparer les niveaux d’eau dans les réserves en Turquie et dans le monde et, grâce aux images et graphiques, nous avons observé et appris les taux de consommations, le niveau de précipitations, les niveaux des barrages etc. On peut remarquer que les pays considérés comme appartenant à la catégorie risquée sont situés au Moyen-orient, Asie du sud, Afrique du nord, Europe du sud et le sud de l’Amérique du nord. 

En dehors de l’assèchement des lacs et de la baisse des eaux, nous faisons face à un autre danger : la dégradation de la qualité d’eau. L’année dernière, le Bosphore et la mer de Marmara ont été aux prises avec le mucilage, ce qui a fait que de nombreux activistes se sont mobilisés afin d’avertir les hommes politiques pour qu’ils prennent les mesures nécessaires. Pour terminer, nous avons été informés du projet du sud-est de l’Anatolie (GAP) qui est un projet de construction de 19 barrages réalisés sur environ 10 % du territoire turc. Débuté dans les années 1960, il s’est terminé en 2019. 


La deuxième table qui s’est déroulée avec Nathan Basar en tant que modérateur avait comme sujet “Consommation de masse / consommation engagée”. Durant cette partie, des sujets tels que l’agriculture biologique ont été présentés. Mais qu’est-ce que l’agriculture biologique? Nous pouvons dire que c’est une manière de faire de l’agriculture en respectant l’environnement et sans utiliser de substances chimiques telles que les pesticides et l’engrais. Cela a pour but de préserver la biodiversité et les ressources naturelles, et aussi d’assurer le bien-être des animaux.

Mais quels sont les avantages du “bio” en dehors du fait qu’il préserve l’environnement ? Des études antérieures ont déjà montré que les champs travaillés en agriculture biologique ont des niveaux de biodiversité environ 30 % plus élevés que ceux travaillés en agriculture conventionnelle. Avec l’augmentation de la qualité du sol cultivé à l’état naturel, on observe également une augmentation de la qualité des produits. 

Par ailleurs, nous avons abordé le côté économique, l’importance des circuits courts et de la production durable. Pour expliquer en quelque mots, le circuit court consiste en la tentative de minimiser le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur afin d’assurer une vente directe. Les circuits courts permettent d’assurer une production durable, c’est-à-dire en réduisant la dépendance vis-à-vis des autres sources et notamment celles provenant d’autres pays. C’est pour cela que faire des achats locaux aide l’économie nationale et favorise aussi les rapports plus égalitaires. Par ailleurs, avec la réduction voire l’élimination des agents intermédiaires, les gaz à effet de serre produits durant le transport sont ainsi réduits. 

En Turquie, l’agriculture biologique a commencé en 1992 avec la fondation ETO localisée à Izmir, puis s’est développée avec la fondation Bugday en 2002. D’après une recherche faite par le Research Institute of Organic Agriculture, si nous passons à une culture qui est à 60 % bio, nous pourrons nourrir la population mondiale en 2050. Cette information est la preuve que l’agriculture biologique n’est pas un objectif imaginaire et peut se réaliser en peu de temps et sera profitable pour la totalité de la population. 

Finalement, la troisième table-ronde -modérée par Sinan Dönmez- et ayant comme sujet “Comment concilier le désir d’une énergie propre dans un monde en crises” était très instructive sur les différentes énergies propres, leurs utilisations et leurs importances. L’énergie est un élément essentiel pour le développement durable ainsi que pour le bien-être social d’un pays. C’est aussi un facteur clef dans les relations internationales car une concurrence est présente pour ces ressources. 

Par la suite, nous avons acquis des connaissances sur les énergies propres. Mais qu’est-ce qu’une énergie propre ? C’est une source d’énergie produisant le minimum de polluant possible et qui, en conséquence, a le minimum d’impact négatif pour l’environnement. Quelques exemples des énergies vertes sont l’énergie éolienne, solaire, hydraulique, biomasse et géothermique. Pour résumer en quelques mots, l’énergie créée par les éoliennes provient de la force du vent qui fait tourner les pales de l’hélice reliée à un alternateur électrique. Ensuite, comme indiqué par son nom, l’énergie solaire dépend des rayons solaires qui s’accumulent dans les panneaux photovoltaïques ou des centrales solaires thermiques. Le fonctionnement de l’énergie hydraulique dépend de la construction d’un barrage retenant l’eau et qui, avec cette force, fait tourner les turbines qui, elles-mêmes, font tourner des alternateurs produisant de l’énergie électrique. Puis, nous avons l’énergie biomasse qui a comme source le cycle de la matière vivante végétale et animale, c’est-à-dire que de l’électricité est produite grâce à la vapeur d’eau dégagée par ces matières et qui met en mouvement une turbine reliée à un alternateur. Pour finir, l’énergie géothermique est produite dans une centrale géothermique créant l’électricité souhaitée lorsque est captée la chaleur de la Terre qui va transformer l’eau présente dans les nappes souterraines en vapeur permettant encore une fois de faire tourner une turbine et donc un alternateur. 

Aujourd’hui, 80 % des énergies utilisées par l’Homme sont fossiles. En revanche, celles qui connaissant la croissance la plus rapide sont celles qui sont renouvelables, les énergies qui ont des sources naturelles et qui ne s’épuisent jamais. En outre, pendant cette dernière table-ronde, nous avons appris qu’il ne faut pas confondre une énergie renouvelable et une énergie propre, car une énergie renouvelable ne prend pas en compte l’impact environnemental lors de sa création. L’objectif d’une énergie renouvelable est de créer de l’électricité à partir des éléments naturels. Par contre, celui d’une énergie propre est de polluer le moins possible lors de la transformation de l’énergie en électricité. En 2020, la production de l’énergie électrique à partir des sources fossiles a baissé de 37 % et la production de l’énergie électrique à partir des énergies renouvelables à augmenté de 38 %. Cela nous montre que nous privilégions de plus en plus des énergies qui polluent le moins notre environnement et qui l’endommagent par la production de gaz à effet de serre comme les énergies fossiles. 

Pour conclure, comme nous l’avions dit auparavant, en tant qu’élèves des écoles francophones, nous avons eu l’occasion d’acquérir des connaissances sur de nombreux sujets qui nous entourent et qui sont importants dans le monde d’aujourd’hui, sans oublier bien sûr les nouvelles personnes que nous avons rencontrées. Après deux ans d’enseignement à distance, cet événement ayant enfin lieu en présentiel était un tournant pour les élèves, en particulier pour ceux dont c’est la dernière année en tant que lycéen et qui n’auront peut-être plus la chance de faire partie d’un tel projet inter-lycées.

Espérons que cette journée de table ronde si instructive pour tous les participants restera une journée inoubliable qui se répétera d’année en année. Nous remercions les lycées Saint Joseph, Sainte Pulchérie, Notre Dame de Sion, Saint Benoît, Galatasaray et Sajev-Lycée Petit Prince pour leur participation ainsi qu’à tous les professeurs pour leur accompagnement. A l’année prochaine pour une deuxième édition ! 

Can Baykal Özkaya
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