COP 28 : un bilan nuancé entre grandes promesses et réalités concrètes

Au terme de la COP 28, tenue à Dubaï, l’adoption d’une résolution appelant à une « transition  progressive hors des combustibles fossiles » est un événement sans précédent dans l’histoire des COP. Cependant, bien qu’elle soit décrite par Sultan Al-Jaber, président de la COP28 et président de la compagnie pétrolière Adnoc des Émirats arabes unis, comme « une décision historique pour accélérer l’action climatique », les discussions entre les dirigeants mondiaux, scientifiques et activistes réunis ont oscillé entre optimisme et scepticisme face aux défis climatiques actuels.

Des émissions toujours en hausse : un défi à relever

Les engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ont été nombreux. Cependant, selon les données du Global Carbon Project, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 1,4% en 2023, mettant en lumière le décalage entre les promesses et la réalité. Cette tendance soulève des questions sur la capacité des nations à respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

Des plans ambitieux mais peu concrets

La COP 28 a mis en avant l’importance de l’adaptation et de la résilience. Toutefois, un rapport de l’ONU indique que moins de 50% des pays disposent actuellement de plans d’adaptation complets. Ce manque de préparation pratique reste un obstacle majeur à une réponse efficace aux impacts climatiques

Un écart croissant du financement climatique

Le financement du climat est resté un enjeu majeur, avec des engagements en faveur des pays en développement. Cependant, le Programme des Nations Unies pour l’environnement rapporte qu’il existe un déficit de financement annuel de 2,5 trillions de dollars pour atteindre les objectifs de développement durable. Ce fossé financier met en évidence les défis persistants dans la mobilisation de ressources adéquates.

Une collaboration internationale difficile à travers des accords fragiles

Bien que la COP 28 ait montré des signes de collaboration, les intérêts nationaux divergents ont souvent freiné les progrès. Les accords bilatéraux, bien que prometteurs, sont parfois fragilisés par des politiques internes contradictoires, comme le montrent les tensions commerciales récentes entre grandes puissances économiques.

La COP 28 vue par Anemon Adali. DR.

La société civile : une voix forte mais encore marginalisée

La participation des acteurs non gouvernementaux a été significative, apportant des idées novatrices. Néanmoins, leur impact sur les politiques climatiques reste limité. Selon une étude de l’Université de Yale, seulement 30% des recommandations issues de groupes civils ont été intégrées dans les politiques climatiques nationales.

Un bilan en demi-teinte

En somme, la COP 28, malgré ses engagements ambitieux, présente un bilan mitigé. L’écart entre les promesses et les actions concrètes demeure un défi, exigeant une réévaluation des stratégies et une augmentation des efforts pour un impact réel et durable sur le changement climatique.

Illustration de couverture de Anemon Adali
Mise en page par Zeynep Yalamanoglu


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