A l’occasion du 100ème anniversaire de la fondation de la République turque, les élèves de Première ont eu l’occasion de se cultiver sur l’histoire de la Turquie dans le cadre d’une sortie éducative et surtout émouvante à Beyoglu, sur la rue qui est l’une des plus célèbres d’Istanbul, Istiklal Caddesi, et la place Taksim.
Fondée en 1923, la Turquie est une nation relativement jeune où la fierté patriotique est en particulier enracinée dans l’histoire de sa lutte pour l’indépendance. Pour mieux comprendre cette histoire et dévoiler l’arrière-plan de la fondation de la République en 1923, nous avons visité les 11 et 12 octobre derniers deux expositions dans le quartier de Beyoglu, près de la rue historique d’Istiklal.
La première exposition au centre culturel Casa Botter “Lozan 1923/Yüzyıl Önceki Başlangıç” portait sur le traité de Lausanne de 1923 et les négociations menées par le représentant du gouvernement d’Ankara, Ismet Inönü, avec les Etats européens. D’une part, les élèves turcophones ont pu approfondir leurs connaissances en répondant à des questions préparées par nos professeurs de turc, Mmes Panahzat, Konuk et Filoreau. Ils ont exploité les détails donnés par les historiens et ont échangé leurs propres savoirs en toute camaraderie. D’autre part, les élèves non-turcophones ont réussi à enrichir les informations acquises avec l’aide de M. Gérard.
La deuxième exposition présentée à l’Institut de recherches sur Istanbul, « Mesgul Sehir / Occupied Town« , explicitait davantage la période qui a précédé l’indépendance, en particulier l’époque peu connue de l’occupation d’Istanbul à la fin de la 1e Guerre mondiale, entre 1918 et 1922, notamment par les forces anglaises, françaises et italiennes. Cette fois aussi, les turcophones se sont approprié les informations présentées et les non-turcophones se sont penchés davantage sur l’histoire du pays qui les accueille.
A l’issue de cette visite, les élèves ont pris la route pour la place de Taksim afin d’observer un célèbre groupe de statues réalisées par le sculpteur italien Pietro Canonica et l’architecte Giulio Mongeri en 1928 après la proclamation de la République Turque. Le Monument de la République représente en particulier Mustafa Kemal Atatürk, Ismet Inönü et Fevzi Çakmak. Le monument a deux côtés : le côté nord représente Mustafa Kemal Atatürk pendant la Guerre d’indépendance en tenue militaire tandis que l’autre, située face à Istiklal Caddesi, représente Atatürk et ses camarades vêtus de façon moderne en style ouest-européen, ce qui symbolise ses deux rôles, en tant que commandant militaire et en tant que chef d’État. La présence dans le monument de Mikhaïl Frounze, un important leader de la Révolution d’Octobre, et de Kliment Vorochilov, un maréchal de l’Union soviétique, est un éloge à l’aide militaire accordée par Lénine pendant la guerre d’indépendance turque en 1920. Le peuple turc, et notamment la femme anatolienne, désormais libérée des tabous sociaux après l’indépendance, est également représenté de diverses manières sur le monument.
Impressions
A l’issue de ces visites, nous avons interviewé certains élèves sur leurs ressentis :
J’ai apprécié les deux expositions que nous avons visitées lors de notre sortie à Taksim. Toutes deux avaient pour thème les 100 ans de la République turque. La première exposition visitée se concentrait sur la fondation de cette république par Mustafa Kemal Atatürk. Elle s’est révélée intéressante, cependant, les textes n’étaient pas traduits du turc, ce qui rendait la compréhension difficile compte tenu de mes connaissances limitées dans cette langue. Quelques documents affichés étaient en français ou en anglais. Néanmoins, M. Gérard nous a expliqué l’idée générale de chaque étape. La deuxième exposition (proposé par l’Institut de recherches sur Istanbul de la fondation Koç) a été, à mon goût, plus captivante et divertissante. Toutes sortes de documents, en particulier interactifs, ont été utilisés, rendant l’expérience plus ludique. En effet, nous avions accès à des chansons de l’époque, des tablettes expliquant le contexte de chaque document, une carte sur une table ronde avec des figurines, ou même des lettres de différentes langues. De plus, l’exposition était également en anglais, ce qui la rendait plus accessible pour moi. En somme, ces deux expositions étaient très intéressantes, je les ai toutes deux beaucoup appréciées.
Ghita Tibari





J’ai trouvé cette sortie très intéressante et importante. Au lycée, mis à part ceux qui choisissent l’option turc, nous ne nous intéressons pas suffisamment à mon goût à l’histoire de la Turquie. Certes, les élèves turcophones y sont naturellement plus exposés. Cependant, il est essentiel de noter que l’apprentissage ne dépend pas que de la langue, mais plutôt de l’intérêt que nous pouvons avoir pour l’histoire du pays dans lequel nous vivons. La première exposition, qui portait sur le traité de Lausanne, mettait en valeur les efforts déployés par le gouvernement d’Ankara de l’époque et la « guerre diplomatique » que la Turquie a, selon moi, remportée en déclarant son indépendance et en échappant au traité de Sèvres. J’ai réussi à approfondir davantage mes connaissances et ai quitté la salle d’exposition avec un respect renouvelé et plus profond qu’auparavant pour la nation turque. La deuxième exposition portait sur la période d’occupation par les Français, les Anglais et les Italiens qui a eu lieu à Istanbul après la Première Guerre mondiale. En en sortant, j’étais plus conscient de la richesse culturelle de ma ville et des tensions entre les Turcs et les autres peuples datant de cette époque. En visitant Taksim et Beyoglu, j’ai pu voir de mes propres yeux les échanges culturels que nous avons eus avec, par exemple, la France en termes d’architecture. L’histoire racontée à travers ces deux expositions est toujours pertinente, et il est donc essentiel de la connaître et de se cultiver.
Kaan Alpat












En conclusion, la sortie scolaire à Beyoglu, sur la célèbre Istiklal Caddesi et la place Taksim, a été une expérience éducative et enrichissante pour les élèves de Première. En cette année marquant le 100e anniversaire de la République Turque, la visite a offert aux élèves l’opportunité de plonger dans l’histoire de la Turquie. La première exposition, axée sur le traité de Lausanne, a permis aux élèves turcophones de consolider leurs connaissances tout en échangeant, alors que les non-turcophones ont découvert ces informations. La deuxième exposition, mettant en lumière l’occupation d’Istanbul par les forces étrangères après la Première guerre mondiale, a suscité l’intérêt des élèves, qu’ils soient turcophones ou non, contribuant ainsi à élargir leur connaissance de l’histoire du pays. Finalement, sur la place Taksim, les élèves ont découvert le Monument de la République, qui représente Atatürk et le peuple qui ont joué un rôle crucial dans les efforts d’indépendance turcs. En somme, cette sortie a offert aux élèves de Première une opportunité de plonger dans l’histoire jeune mais vibrante de la Turquie.
Mise en page par Zeynep Yalamanoglu
Pour aller plus loin :
- Visite virtuelle de l’exposition « Mesgul Sehir / Occupied Town » de l’Institut de recherches sur Istanbul (Fondation Koç)
- Découvrir l’Institut de recherches sur Istanbul (Fondation Koç) :
- Découvrir l’exposition “Lozan 1923/Yüzyıl Önceki Başlangıç” au centre culturel Casa Botter :
- En bonus, visite virtuelle de l’exposition « Cumhuriyet’in Ilk Yili / First Year of the Republic » de Yapi Kredi Yayinlari (Fondation Koç)
- Et l’exposition ‘Yaşasın Cumhuriyet! Atatürk Döneminde İktisadi Bağımsızlığın İlk Adımları’ (Is Bankasi Müzesi, Eminönü)
