Les droits non existants des femmes en Afghanistan

Depuis le rétablissement du pouvoir taliban en août 2021, les droits des femmes en Afghanistan ont été gravement restreints dans les formes les plus extrêmes, ce qui est un revirement au vu des progrès réalisés en matière d’égalité de genre au cours des deux dernières décennies...

Les talibans ont mis en place des interdictions complètes de l’éducation des femmes, de leur participation à l’économie, ainsi que de se rendre compte de leur place dans la société en restreignant sévèrement leurs mouvements et interactions sociales. En novembre 2024, la situation reste marquée par des lois et pratiques de plus en plus répressives, visant à effacer les femmes de la vie publique et à les priver de droits fondamentaux. 

Un coup d’arrêt à l’éducation 

Cela dit, l’une des formes les plus sévères de restrictions concerne l’éducation des femmes. En 2022, les talibans ont d’abord interdit l’accès des filles aux écoles secondaires, pour suspendre l’accès des femmes aux études universitaires quelque temps après. En janvier 2023, on a appris que les filles n’auraient plus l’occasion de passer les examens universitaires. Cela a été un coup d’arrêt à l’éducation de toutes les jeunes Afghanes. À l’heure actuelle, environ 1,1 million de filles en âge d’être scolarisées dans des lycées sont privées de cette opportunité, alors que 100 000 femmes voient l’accès aux universités fermé pour elles. La fermeture de l’accès à l’éducation entraîne des conséquences durables difficiles à inverser, comme une augmentation considérable du taux de mortalité maternelle et un accroissement du nombre de mariages précoces (mariages d’enfants). 

Interdiction de travailler = dépendance 

De plus, les femmes afghanes ont été exclues de la plupart des professions, y compris celles où leur participation était nécessaire. En décembre 2022, les talibans ont interdit aux femmes de travailler : par exemple, le travail pour une ONG nationale et internationale a été interdit en avril 2023 ; l’interdiction a été étendue ensuite aux agences des Nations Unies. Cette mesure de retrait a considérablement réduit l’indépendance économique des femmes, augmentant leur dépendance financière et les rendant encore plus vulnérables au mariage forcé, qui est assez souvent devenu un moyen de survie pour les familles économiquement défavorisées.

Limitations très strictes dans l’espace public

En dehors des restrictions de travail et de scolarité, la vie des femmes est limitée de diverses autres manières. Les femmes ne peuvent sortir en public que si elles sont entièrement couvertes, et elles sont interdites d’espaces tels que les parcs et les gymnases ou autres. En outre, il est illégal pour une femme de voyager seule sur une longue distance. Cela devient un problème lorsqu’une femme doit voyager pour faire des achats ou pour quelque autre raison. En outre, la veuve, ou la femme sans parent masculin pour la protéger, est limitée à tous niveaux. Ces règles les rendent incapables de pourvoir à leurs besoins de base.

En 2024, des lois imposant un code vestimentaire strict, incluant le port de la burqa, sont aussi appliquées, restreignant davantage leur liberté d’expression et leur droit de circuler librement. Il est même désormais interdit aux femmes de lire à voix haute ou de chanter ! 

Un crime contre l’humanité ? 

Enfin, du point de vue international, la situation des femmes afghanes est considérée comme une violation grave des droits de l’homme. Ainsi, les organisations Amnesty International et Human Rights Watch affirment que la répression des femmes en Afghanistan est de facto la persécution des femmes en tant que groupe sur le sol du régime, tandis que d’autres analystes appellent ce phénomène un « apartheid de genre ». Néanmoins, la reconnaissance diplomatique du régime taliban par un certain nombre de pays étatiques atténue les pressions internationales, et laisse les femmes afghanes d’autant plus isolées et vulnérables.

En somme, les femmes afghanes sont confrontées aujourd’hui à des restrictions sans précédent menaçant non seulement leurs droits et libertés mais aussi leur survie en tant que membres de la société. Même si la situation est suivie de près par la communauté internationale, des actions unifiées sont requises pour empêcher la disparition des droits des femmes en Afghanistan, une situation dont les répercussions auront un impact dévastateur pour les générations futures. 

Illustration : Alize Karaman. DR.

Illustration de couverture par Alize Karaman
Mise en page par Eren Koseoglu

Ayda Akdemir
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